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Accurso «barré» chez Hydro-Québec par le PQ?

Commission Charbonneau

Hugo Bourgoin | TVA Nouvelles

Le financement des partis politiques a finalement rebondi au troisième jour du témoignage d'Antonio «Tony» Accurso devant la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction (CEIC).

En fin d'après-midi, la preuve présentée par la Commission a permis d'apprendre que les compagnies d'Accurso ont été exclues de toute soumission chez Hydro-Québec en 2012.

Lors d'un appel téléphonique entre Tony Accurso et son fils Jimmy intercepté dans le cadre du projet Honorer, ce dernier annonce à son père qu'il vient de recevoir une lettre de la société d'État l'avisant que pour une raison de «saine compétition», les compagnies d'Accurso ne peuvent plus soumissionner pour «toutes les jobs», et ce, pour une «durée indéterminée».

Rapidement, l'homme d'affaires utilise ses contacts dans le but de comprendre la raison de cette lettre. Tony Accurso appelle tour à tour son ami Robert Abdallah (ancien DG de la Ville de Montréal qui a travaillé pour Hydro-Québec jusqu'en 2003), puis Michel Arsenault, président de la FTQ.

Alors qu'Accurso demande d'abord à Abdallah de s'«informer», il le rappelle peu de temps après pour annuler sa commande.

«Ne fais rien, c'est important que ça ne s'ébruite pas», dit alors l'entrepreneur. «Le message que j'ai eu, c'est que ça venait du bureau de Pauline Marois et c'est son bureau qui aurait appelé Hydro-Québec pour demander de me barrer des chantiers», ajoute-t-il.

 


Jean Charest et Antonio Accurso en 2001 (Photo déposée en preuve par la CEIC)

 

À ce moment, le Parti québécois venait tout juste de prendre le pouvoir après plus de neuf ans de règne libéral.

«Je n'ai peut-être pas donné assez d'argent au PQ», a lâché Accurso à la Commission, précisant qu'il était d'allégeance libérale.

En guise de conclusion, la procureure en chef, Me Sonia LeBel, a présenté en preuve une photo où Tony Accurso et Jean Charest posent ensemble lors d'un événement en 2001.

«Cher Tony, merci pour l'appui. Amitiés, Jean Charest», peut-on lire écrit à la main sur le cliché.

Antonio Accurso poursuivra son témoignage demain matin.