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Accurso a-t-il versé 250 000$ à Duchesneau?

Commission Charbonneau

Hugo Bourgoin | TVA Nouvelles

Antonio «Tony» Accurso a fait une révélation fracassante cet avant-midi, au quatrième jour de son témoignage devant la commission Charbonneau. Alors qu'il était question depuis le début de la journée de financement politique, l'entrepreneur a raconté avoir fait un chèque de 250 000$ pour Jacques Duchesneau à la suite de sa campagne à la mairie de Montréal en 1998.

Ce montant aurait été versé via un proche de Duchesneau non pas pour financer sa campagne, mais à la suite de la défaite alors que l'ancien directeur de la police de Montréal souhaitait éponger son déficit.

«Il voulait savoir si je pouvais le sortir de ce trou-là», a affirmé Accurso qui aurait accepté dans l'espoir d'une éventuelle faveur.

«Si tu m'aides, moi je vais me replacer les pieds et je vais m'en souvenir et te retourner l'ascenseur», lui aurait dit Duchesneau.

Or, selon le témoin, Duchesneau lui aurait plutôt envoyé un «ascenseur vers le bas». Lorsque France Charbonneau lui a demandé à quoi il faisait référence, Tony Accurso a qualifié de «menterie» le témoignage de l'ancien directeur de l'Unité anticollusion qui a affirmé que trois ministres avaient séjourné sur son luxueux yacht. «Quand j'ai entendu ça, la télé a failli sauter», a-t-il affirmé.

Quant aux autres contributions au niveau municipal, le témoin a confirmé que ses entreprises ont financé certains partis, mais n'a pas été en mesure de dire à quelle hauteur puisque les demandes ne passaient pas directement par lui.

Contributions provinciales

Il a bien entendu aussi été question du financement provincial. Comme d'autres témoins avant lui, Tony Accurso a expliqué qu'il se sentait obligé de contribuer à la caisse des différents partis.

«Des dons politiques, ce n'est pas nécessairement pour aider. C'est dans le but de ne pas vous nuire et moi c'est dans ce but-là que j'ai toujours contribué à tous les partis politiques. C'est quelque chose que mon père m'a appris: Ne demande pas à un politicien de t'aider. Demande-lui de ne pas te nuire.»

Selon une analyse de la Commission, les employés d'Accurso ont versé de 1998 à 2011 près de 750 000$ en contributions aux partis provinciaux. Le Parti libéral du Québec (PLQ) a ainsi renfloué ses coffres de 556 080$, le Parti québécois de 154 185$ et la défunte ADQ de 37 825$.

Accurso a du même fait confirmé que ses entreprises remboursaient «systématiquement» les contributions faites par les employés. «Il n'y a personne qui donne 3000$ par conviction à un parti politique quand ils gagnent 40 000$ par année», a-t-il dit.

L'homme d'affaires a expliqué la hausse fulgurante des contributions au PLQ de 2001 à 2003 par l'arrivée de Marc Bibeau comme argentier du parti alors que la baisse draconienne de 2008-2009 était attribuable à une toute autre affaire.

«J'étais moins populaire, plus personne ne voulait de mes chèques», a laissé tomber Accurso.

Questionné sur son lien avec Jean Charest, le témoin a expliqué qu'il n'a pas entretenu une grande relation avec celui qui a dirigé le Québec de 2003 à 2012. «J'ai soupé avec lui une fois... Je ne peux pas dire que je connais Jean Charest. Il n'est pas dans ma liste de contacts.»

Touch et compteurs d'eau

Me LeBel a aussi interrogé Tony Accurso sur des voyages sur le Touch qui, aux yeux de la Commission, semblent être en lien avec le contrat des compteurs d'eau à Montréal.

Ainsi, en janvier 2007 et en pleine préparation pour ce projet, l'entrepreneur a accueilli sur son yacht Frank Zampino (président du comité exécutif de la Ville de Montréal), Rosaire Sauriol (Dessau et membre du consortium GÉNIeau) et Frank Minicucci (Simard-Beaudry et membre du consortium GÉNIeau). Accurso dit avoir payé toutes les dépenses de Sauriol et Minicucci, alors que Zampino aurait payé ses billets d'avion en plus de faire un chèque de 5000$ à l'entrepreneur.

Ce voyage intrigue d'autant plus la Commission que malgré le fait qu'Accurso et Zampino soient «amis» depuis longtemps, il semble que les deux hommes n'aient jamais voyagé ensemble avant 2006.

Malgré tout, Tony Accurso a tout nié. «Nous étions tous amis [...] Même si M. Zampino avait voulu me donner la job, il n'aurait pas pu. Il y a eu zéro collusion», a-t-il déclaré.

Antonio Accurso sera de retour devant la Commission lundi prochain.

MISES À JOUR

16h18: Fin des audiences pour la journée. Reprise du témoignage de Tony Accurso lundi matin.

16h17: Accurso jure que «jamais» il a invité ou des députés ou des ministres sur le Touch.

16h12: Écoute électronique du 17 mars 2009 entre Accurso et Arsenault. Accurso dit qu'il échangerait n'importe quand sa liste d'invités avec celle de Desmarais.

16h08: Écoute électronique du 15 mars 2009 entre Accurso et Arsenault. «Je vais dire qu'à l'avenir je vais faire attention à mes fréquentations, mais ça ne changera rien entre nous deux. C'est juste pour la parure», dit Arsenault a sujet de sa visite sur le Touch.

16h05: «Le bateau a fait couler beaucoup d'encre... Le bateau, c'était mon chalet. Moi, c'est ma deuxième maison. Il faut que ce soit clair. Quand je l'utilisais, ça me coûtait très peu. Je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas inviter des amis chez nous sans que ça fasse couler de l'encre pendant des années. [...] Est-ce qu'il y a quelqu'un, un jour, qui va me ficher la paix et qui va me traiter en humain?»

15h56: Reprise des audiences. Me LeBel reprend la liste des voyages.

15h34: PAUSE

15h01: On revient sur les voyages: Bahamas en mars 2002 (Lavallée, Abdallah), Bahamas en 2003 (Lavallée, Abdallah, Mario Boyer), Disney 2003 (lors d'une convention de la FTQ), Barbade 2004 (famille, Lavallée, Abdallah, Louis Bolduc), INAUGURATION DU TOUCH, Noël 2004 (Abdallah, Louis Bolduc, Lavallée), Février-Mars 2005 (Lavallée, Dupuis, Joe Lombard), Avril 2205 (Louis Bolduc, Lavallée), Octobre 2005 (Pierre Morin), Novembre 2005 (Jean Lavallée, Eddy Brandone), Avril 2006 et ainsi de suite.

14h56: Accurso, dans la conversation, précise qu'il ne faudrait pas qu'il y ait un «commissaire d'éthique» et «surtout pas au municipal». Confronté à ses propos, le témoin a de la difficulté à s'expliquer. «Je ne sais pas pourquoi je dis ça.»

14h40: On revient sur Frank Zampino. Écoute électronique du 3 avril 2009 entre Arsenault et Accurso. Dans cette conversation, l'entrepreneur confirme à son interlocuteur que Zampino a payé ses voyages sur le Touch «au cas où ça sortirait».

14h34: Écoute électronique du 22 avril 2009 entre Arsenault et Louis Bolduc. Bolduc dit que ce n'est pas vrai qu'Accurso a le tiers des investissements de la SOLIM. «Vous serviez-vous de M. Bolduc pour le fait qu'il avait un brillant avenir à la FTQ?», demande Me LeBel. «Absolument pas.»

14h29: Écoute électronique du 27 mars 2009 entre Arsenault et Yvon Bolduc. Ce dernier dit que des frais concernant le Touch sont passés «via Hyprescon». «La perception c'est que Louis est connecté à Accurso. C'est le poteau d'Accurso», dit Bolduc.

14h22 - Reprise des audiences. On parle maintenant de Louis Bolduc, président du TUAC. Accurso a fait sa connaissance dans les années 90. Ne se souvient pas dans quelles circonstances ils se sont vus la première fois. «On avait beaucoup de choses en commun.» Ils sont maintenant «amis».

12h30: PAUSE DU DÎNER / REPRISE À 14H

12h25: Procureure cherche à comprendre pourquoi Accurso et Zampino n'ont jamais voyagé ensemble avant 2006 puisqu'ils sont «amis» de longue date.

12h16: Accurso dit ne jamais avoir discuté ou de dossiers ou de contrats avec Zampino.

12h08: Me LeBel demande pourquoi les gens du voyage de janvier 2007 ont été réunis. «Nous étions tous amis», dit Accurso. Procureure parle plutôt du lien avec le contrat des compteurs d'eau. «Il n'y a aucun lien avec ce contrat-là», répond le témoin. «C'est un devis de performance», ajoute-t-il. «Même si M. Zampino avait voulu me donner la job, il n'aurait pas pu.» «Il y a eu zéro collusion.»

12h07: Le seul invité à avoir payé en présence d'Accurso sur le Touch est Frank Zampino (janvier 2007 et février 2008).

12h01: Le Touch a été construit par Louisbourg, puis mis à l'eau en 2004. Accurso dit que le Fonds n'avait aucune part. En location en Europe, le Touch coûte 75 000$ par semaine plus le carburant, la nourriture, la boisson, etc. En Floride, on parle plus d'une moyenne de 60 000$. «Je l'utilisais comme mon chalet», dit Accurso. Ce que ça lui coûtait? Nourriture et alcool.

11h52: Zampino sur le Touch en janvier 2007 avec Rosaire Sauriol (Dessau) et Frank Minicucci (Simard-Beaudry). Accurso a payé tout pour Saurio et Minicucci. Dans le cas de Zampino, il aurait payé ses billets d'avion et aurait fait un chèque de 5000$ à Accurso pour les repas et la boisson.

11h46: Reprise des audiences. On revient sur Frank Zampino. Les deux hommes sont allés ensemble à Las Vegas, puis sur le bateau. Accurso dit que Zampino a payé son voyage à Vegas. Accurso aurait payé les soupers, les spectacles, l'excursion au Grand Canyon. Robert Abdallah était aussi présent et, selon le témoin, il avait déjà remis sa démission de DG à la Ville de Montréal à ce moment. Lui aussi aurait payé son voyage.

11h05: PAUSE

11h03: Accurso qualifie de «menterie» le fait que Jacques Duchesneau ait affirmé que trois ministres étaient allés sur son bateau. «Quand j'ai entendu ça, la télé a failli sauter.»

10h56: Témoin dit que Pierre Bourque ne l'a jamais sollicité. N'a pas de certitude pour Jean Doré. Pour Benoît Labonté, «je pense qu'il y a eu quelques contributions». Accurso dit ne jamais avoir contribué pour un parti en argent comptant. «J'ai contribué pour Jacques Duchesneau, mais pas pendant sa campagne, après», raconte le témoin. Semble que Duchesneau voulait renflouer son déficit. «Il voulait savoir si je pouvais le sortir de ce trou-là.» Accurso dit qu'il a donné environ 250 000$. «Si tu m'aides, moi je vais me replacer les pieds et je vais m'en souvenir et te retourner l'ascenseur», lui aurait dit Duchesneau.

10h55: On parle de Frank Zampino. «Amis» depuis longtemps. Accurso dit que Zampino ne l'a jamais sollicité pour sa campagne.

10h49: «Je sais qu'on a contribué à Union Montréal, mais je ne sais pas combien.» Toutefois, il ajoute que Trépanier l'a sollicité à une reprise parce que Gérald Tremblay voulait un million en chèques pour la FINA. Accurso aurait donné environ 50 000$. «Quand tu as une demande directement de la Ville de Montréal... Le chèque a été fait directement à la FINA.»

10h43: On passe au financement municipal. «Il y a des choses dont on ne peut pas parler», dit Accurso au sujet des dossiers qu'il ne peut aborder devant la Commission. Il est question de Bernard Trépanier qui est allé sur le Touch en compagnie de Bernard Poulin. Témoin dit qu'il n'y a eu aucune discussion par rapport à du financement politique avec Trépanier lors de son séjour sur le Touch.

10h38: Au sujet de l'ADQ, Accurso dit avoir été contacté pour un événement de financement à l'Onyx. Il ne se souvient pas qui l'a approché. Il n'y avait pas de montant en particulier, mais on sollicitait quand même un appui, dit le témoin. «Il n'y a personne qui donne 3000$ par conviction à un parti politique quand ils gagnent 40 000$ par année», dit Accurso.

10h35: Accurso dit déjà avoir eu contact avec Guy Chevrette, alors qu'il était au PQ. L'entrepreneur voulait lui parler des PPP. Accurso dit avoir sollicité la rencontre auprès de Marcel Mélançon.

10h33: Commission dépose en preuve les contributions politiques personnelles d'Accurso et de ses enfants.

10h31: Au sujet du souper avec Charest, ce dernier aurait voulu avoir plus de détails sur «comment ça se passait» à la FTQ et «quel genre de gars» était Henri Massé. «C'était très connu ma connaissance des présidents de la FTQ.» «Je suis plus libéral que n'importe quoi, donc ça m'intéressait de souper avec lui. Ce n'était pas pour les affaires, c'était plus personnel.»

10h28: Relation avec Jean Charest. «J'ai soupé avec lui une fois au début... Je ne peux pas dire que je connais Jean Charest. Il n'est pas dans ma liste de contacts.»

10h26: Accurso dit qu'il ne discutait pas de politique avec Marc Bibeau et qu'il n'obtenait pas d'information qu'il «ne savait pas déjà».

10h25: «Moi, les cocktails, je n'y vais jamais. C'est une perte de temps», dit Accurso. «Tu avais seulement besoin d'un chèque.»

10h22: «Personne du PQ ne m'a approché pour les dons, mais sans doute que quelqu'un a approché quelqu'un d'autre chez nos dirigeants. Ça n'a jamais passé directement par moi.»

10h21: «J'étais moins populaire, plus personne ne voulait de mes chèques», dit Accurso au sujet de la baisse draconienne de 2008-2009.

10h19: Les chèques étaient réunis dans une enveloppe puis livrés au bureau de Marc Bibeau par commissionnaire. Accurso dit toutefois qu'il n'a jamais expliqué à Bibeau comment il réunissait l'argent.

10h16: Accurso dit que les montants qui ont été donnés au PLQ sont «exactement» les montants qui étaient demandés. «Minimum, 90% ça a été des employés qui ont été remboursés», ajoute-t-il expliquant que des employés ont sans doute donné par conviction.

10h12: Me LeBel demande qu'est-ce qui explique la montée fulgurante des dons au PLQ de 2001 à 2003. «C'est sûrement parce que Marc Bibeau devient l'argentier du parti», dit Accurso qui explique que Bibeau est une connaissance.

10h09: On revient sur la photo d'hier où on voit Acurso et Charest. La photo a été prise à l'Onyx en 2001. C'est le PLQ qui a demandé à ce que le cocktail se tienne à cet endroit. «Ma contribution, c'était la nourriture et la boisson. Je ne pense pas avoir fait une contribution financière, parce que je les recevais déjà.» Nie avoir sollicité des gens ou vendu des billets. Ne croit pas avoir fait une facture au PLQ. Environ 75 personnes, selon Accurso qui ignore le prix que devaient payer les convives.

10h06: «J'ai peur des représailles qu'un politicien peut me faire si je ne contribue pas. Tu soumissionnes, tu es le plus bas et le politicien a le dernier mot. Ils peuvent facilement prendre ton dossier et le reporter et juste le temps te tue. Ça devient des travaux d'hiver au lieu de travaux d'été et là ton prix ne tient plus debout. Si tu n'es pas sur une blacklist, ton dossier est accepté au prochain conseil et tes travaux commencent.»

10h00: Écoute électronique du 20 mars 2009 entre Arsenault et John Leboutillier. Leboutillier dit que la police a une photo d'Accurso en compagnie de Vito Rizzuto. Ajoute que Ménard a «barré» Accurso des «soumissions publiques» lorsque le PQ était au pouvoir parce qu'il y avait «toujours des extras». Charest l'aurait par la suite remis sur la liste en 2003, toujours selon la conversation. «C'est complètement faux. Je n'ai jamais été barré, donc je n'ai jamais été remis», jure Accurso.

9h52: Écoute électronique entre Michel Arsenault et Accurso. Ce dernier dit que Jean Charest est «rancunier» lorsqu'on l'attaque et qu'il a le pouvoir de «barrer» quelqu'un. «Moi, je ne l'ai jamais attaqué, mais il a la réputation d'être rancunier», dit le témoin. «Tout donneur d'ouvrage public peut barrer quelqu'un», ajoute-t-il.

9h51: Me Lebel dit qu'une liste de contributions politiques d'employés d'Accurso totalisant 61 500$ a été saisie dans les bureaux du PLQ.

9h49: «Systématiquement, on remboursait les employés qui faisaient un don politique.»

9h44: On examine les contributions politiques provinciales effectuées par des employés d'entreprises liées à Accurso et de personnes résidant aux mêmes adresses de 1998 à 2011. Au total: 556 080$ au PLQ, 154 185$ au PQ et 37 825$ à l'ADQ pour une somme de 748 090$.

9h40: Me LeBel revient sur le sujet du financement politique et la lettre envoyée par Hydro-Québec à Accurso. Hier le témoin a dti: «Je n'ai sûrement pas assez donné au PQ.» «Des dons politiques, ce n'est pas nécessairement pour aider. C'est dans le but de ne pas vous nuire et moi c'est dans ce but-là que j'ai toujours contribué à tous les partis politiques. C'est quelque chose que mon père m'a appris: «Ne demande pas à un politicien de t'aider. Demande-lui de ne pas te nuire.»

9h39: Début des audiences pour la journée.

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