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Les Atikamekws déclarent leur souveraineté

Louis Gagné

Les chefs et les élus de la nation atikamekws ont procédé lundi à une «déclaration unilatérale de souveraineté» sur leur territoire ancestral, le Nitaskinan, qui s'étend dans la vallée de la rivière Saint-Maurice sur une superficie de quelque 80 000 kilomètres carrés.

Les Atikamekws exigeront dorénavant leur consentement pour «tout développement, usage et exploitation des ressources» se trouvant sur ce territoire. Ils se disent prêts à utiliser tous les moyens qu'ils jugeront appropriés pour défendre leurs droits et leurs intérêts, allant des contestations devant les tribunaux aux blocus de routes forestières.

«Il est fini le temps de la négation des droits non cédés par les Atikamekws, au profit d'un État qui impose ses règles comme si ces droits n'existaient pas. Notre juridiction, nos règles et nos conditions devront désormais être respectées», a déclaré le Grand chef Constant Awashish lors d'une conférence de presse à Québec.


(Crédit photo: TVA Nouvelles)

Les élus atikamekws soutiennent qu'ils n'ont jamais abandonné leur souveraineté sur leur territoire, même après l'arrivée des colons européens, il y a plus de 400 ans. Fatigués de voir leurs «droits ancestraux bafoués» malgré les négociations territoriales qui perdurent depuis 35 ans avec les gouvernements fédéral et provincial, ils ont décidé d'adopter une approche plus «ferme».

«Depuis des décennies, nous sommes confrontés à un statu quo qui, pour notre communauté, signifie un recul. Devant le cul-de-sac de nos relations avec [les deux ordres de gouvernement] ainsi que devant le mur d'indifférence qui bloque notre développement, nous n'avons pas d'autres choix que de prendre nous-mêmes les moyens nécessaires pour forcer le changement» a indiqué le chef des Atikamekws d'Opitciwan, Christian Awashish.

Les Atikamekws croient que le récent jugement rendu par la Cour suprême à l'endroit de la nation Tsilhqot'in, en Colombie-Britannique, «change fondamentalement la donne» dans les négociations territoriales des Premières Nations, particulièrement celles qui concernent l'exploitation des ressources naturelles. Le plus haut tribunal du pays a en effet reconnu pour la première fois le titre ancestral d'un territoire autochtone.

«Cette décision procure certainement la possibilité aux Premières Nations comme la nôtre d'adopter une position plus ferme pour tout projet qui pourrait être envisagé sur leur territoire où ils détiennent un titre ancestral, que celui-ci soit reconnu ou non par les gouvernements», a fait valoir le chef de la communauté de Wemotaci, David Boutin.