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Votre identité virtuelle sous la loupe des employeurs

Facebook

Hugo Bourgoin

Pour se faire une idée de qui vous êtes, ils observent votre vie à travers Facebook. Certains employeurs n'hésitent pas à scruter les traces que vous avez laissées sur la toile pour avoir un second regard ou sur votre personnalité ou sur vos habitudes de vie.

«Si j'étais en recherche d'emploi aujourd'hui, je me dirais que c'est fort possible que les gens regardent sur Facebook, donc je dois user de jugement dans ce que je mets. Je ne prendrais pas de chance», explique la vice-présidente pour le Québec de la firme de recrutement Adecco, Tracy-Ann Lugg.

Bien que l'entreprise ne recommande pas aux employeurs de se fier aux informations qu'ils glanent sur les médias sociaux, il semble que la tendance soit inévitable.

«Selon les statistiques, beaucoup d'employeurs utilisent Facebook dans l'aspect du recrutement. Nous, on trouve que c'est un terrain dangereux parce que souvent on peut voir des choses hors contexte. Quand on réfère des candidats et qu'on voit que l'entreprise regarde les comptes Facebook, on l'encourage à aller plus vers les compétences que nous avons évaluées», ajoute Mme Lugg.

Candidatures rejetées

Selon une statistique nord-américaine de 2011, un employeur sur trois a admis avoir écarté un candidat de son processus d'embauche après avoir obtenu des renseignements à son sujet sur les médias sociaux. Il semble que du contenu démontrant que le candidat consomme ou de l'alcool ou des substances illicites soit en partie une cause d'exclusion.

Face à de tels chiffres, Adecco tente de sensibiliser les gens en recherche d'emploi à bien contrôler leur identité virtuelle.

«On encourage les candidats à bien utiliser les paramètres de sécurité afin que ce soit uniquement les amis qui soient en mesure de voir ce qu'ils mettent sur Facebook. [...] Surtout quand on est en recherche d'emploi, on doit s'assurer que ce qu'on a, comme LinkedIn et Facebook, soit en bonne et due forme et bien représentatif du candidat qu'on est», explique la vice-présidence de l'agence de recrutement.

À ceux qui croient qu'ils n'ont rien à craindre des médias sociaux s'ils sont déjà l'emploi d'une compagnie, l'avertissement est pourtant le même.

«Si vous identifiez votre employeur sur Facebook, considérez que vous avez un devoir de loyauté. Quand on met quelque chose sur Facebook, on doit se demander si on est à l'aise que nos collègues et notre département de ressources humaines voit tout ça. Il faut user de beaucoup de jugement dans ce qu'on met», conclut Tracy-Ann Lugg.