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La Couronne va en appel

Libération de Guy Turcotte

TVA Nouvelles

La Couronne veut renvoyer Guy Turcotte en prison en attendant son deuxième procès pour le meurtre de ses deux enfants. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales a déposé une requête en appel pour faire casser la décision du juge André Vincent de la Cour supérieure.

«Le juge a erré en droit dans son interprétation et son appréciation de la nécessité de ne pas miner la confiance du public envers l'administration de la justice», a noté Me René Verret de la poursuite dans sa requête déposée jeudi devant la Cour d'appel.

Selon Me Verret, le juge de première instance a également erré en accordant «un poids démesuré aux moyens de défense qui pourront être présentés (...) lors de son nouveau procès».

Lors de l'enquête sur remise en liberté, il y a trois semaines, Me Pierre Poupart avait expliqué que la thèse de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux sera un enjeu important.

Au terme de deux journées d'audience, durant lesquelles l'ex-cardiologue avait témoigné, le juge avait ordonné la remise en liberté de celui qui est accusé d'avoir tué ses deux enfants en février 2009 d'une quarantaine de coups de couteau à Piedmont, dans les Laurentides.

Le magistrat avait toutefois rappelé qu'il ne fallait pas confondre la liberté sous caution avec l'issue du procès, qui doit commencer en septembre 2015.

Turcotte, qui avait avoué au premier procès avoir tué ses enfants, a donc convaincu le juge que son état était stable, grâce à une lourde médication.

Il a traversé une profonde dépression en novembre dernier lorsque la Cour d'appel a ordonné un nouveau procès, mais son état s'est amélioré selon les psychiatres de la défense.

C'est notamment pour cette raison que le juge a accepté de le libérer sous de strictes conditions, notamment une caution de 100 000 $, garantie par son frère qui a pris une hypothèque légale sur sa propre maison.

Isabelle Gaston et le sénateur Boisvenu réagissent

La mère des petites victimes Isabelle Gaston a réagi pour la première fois, vendredi, à la décision du juge André Vincent de remettre Guy Turcotte en liberté provisoire en attendant son deuxième procès pour le meurtre de ses enfants.

«J'ai de la peine...J'ai perdu confiance en notre système de justice, mais également envers d'autres institutions et professionnels, a-t-elle déclaré dans un message texte à TVA Nouvelles. Nos lois et ce qui gravite autour tolèrent la violence faite aux enfants. À quoi sert une loi s'il n'y a pas de justice?»

Cette réaction survient au moment où le Directeur des poursuites criminelles et pénales s'adresse à la Cour d'appel pour qu'elle révise la décision du juge Vincent et renvoie Guy Turcotte en prison.

Le frère de Mme Gaston, Patrick Gaston, qui avait réagi furieusement à l'annonce de la remise en liberté de Guy Turcotte il y a deux semaines, a salué la requête présentée par la Couronne, vendredi.

«Ce qu'il a fait c'est grave, c'est très grave. (...) Je me dis que quelqu'un qui a fait ça une fois, il va toujours rester dangereux», a dit M. Gaston.

Pour sa part, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, fondateur de Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) a accueilli avec satisfaction la requête du DPCP.

«Je suis satisfait de voir que la Couronne a décidé de porter en appel la décision du juge Vincent, rendue le 12 septembre dernier, de libérer sous caution Guy Turcotte. La décision du juge crée un précédent inquiétant pour les familles de victimes assassinées», a-t-il écrit dans un communiqué, vendredi.

Selon M. Boisvenu, la décision d'accorder à Guy Turcotte la liberté sous caution jusqu'à son nouveau procès constitue «un affront à ses victimes et aux Canadiens qui respectent la loi».

«Il [Guy Turcotte] a avoué sa pleine culpabilité aux deux chefs d'accusation de meurtre au premier degré pour avoir sauvagement tué ses enfants. Personne ne devrait avoir à perdre ses enfants à cause d'une telle brutalité haineuse», a affirmé le sénateur, ajoutant qu'il souhaite que lors du nouveau procès de l'accusé, le système de justice «fasse passer la sécurité du public en premier».

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