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La fiction rejoindra la réalité à Granby

Yamaska marche pour la vie

La fiction rejoint la réalité dans Yamaska, dont les personnages endeuillés à la suite du suicide de Rachel ont organisé une marche de 5 km qui aura bel et bien lieu dans les rues de Granby, ce dimanche matin.

Des images tirées du rendez-vous Yamaska marche pour la vie auquel 5000 personnes vont prendre part seront intégrées à l'épisode du lendemain du téléroman de TVA.

«Il s'agira du plus important événement jamais organisé pour la prévention du suicide au Québec», a dit Michel d'Astous, l'un des auteurs de Yamaska, qui est diffusé à l'antenne de TVA.

«On intègre les personnages et les comédiens à la marche, a raconté M. d'Astous. On a déjà tourné des scènes au cégep de Granby et dans des restaurants, notamment avec Étienne, Philippe, William ainsi que les jeunes de Duo Buzz. Mario et Samuel, l'ex et le fils de Rachel, seront aussi là, de même qu'Hélène et son nouveau chum. Ils ont déjà tourné des scènes qu'on voit avant, pendant et après la marche. Il nous reste à clipper l'événement comme tel pour la diffusion du lendemain.»

Les auteurs du téléroman «Yamaska», Michel D'Astous et Anne Boyer (Crédit photo: archives Agence QMI)

À la connaissance des auteurs et producteurs de «Yamaska», c'est la première fois qu'un événement tenu «presque en direct» est intégré dans une fiction. «C'est un pari de production, parce que s'il pleut dimanche, ça ne va peut-être pas bien fonctionner pour les raccords, mais ce n'est pas grave», a dit Michel d'Astous, qui abordait déjà la question délicate du suicide à l'époque du téléroman «Sous un ciel variable», dans les années 1990. Il a lui-même été touché par le suicide d'une ex-conjointe et amie proche, survenu plusieurs années après leur séparation. Sa complice Anne Boyer a pour sa part vécu le suicide d'un ado proche d'elle.

«Le suicide n'est pas inéluctable, on doit le présenter autrement qu'une solution à la détresse, a indiqué M. d'Astous. Les gens qui songent au suicide croient qu'il n'y a pas d'autres façons d'arrêter la douleur, mais il existe de l'aide et on peut en parler à ses proches, on peut éviter ça. C'est exactement ce qu'on montre dans la série. Le milieu se mobilise pour freiner ce phénomène-là, qui est l'une des plus importantes causes de décès, ici et ailleurs dans le monde.»

Anne Boyer et Michel d'Astous ont fait beaucoup de recherche et travaillé avec l'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) - qui est d'ailleurs au cœur de l'organisation de la marche de dimanche - parce qu'«on voulait en parler intelligemment, a dit M. d'Astous. Il y a toujours le débat à savoir si on en parle trop, si le fait d'en parler peut inciter des gens à passer à l'acte, mais tout dépend de la façon dont on aborde le sujet. Il ne faut pas banaliser le geste ni insister sur les moyens du suicide. On trouvait ça important dans "Yamaska" de montrer les dommages collatéraux sur les proches.»

Lundi prochain, pendant et après la diffusion de «Yamaska», l'équipe de l'AQPS sera à l'écoute (1 866 APPELLE) pour soutenir les gens en détresse et les proches inquiets. Il y aura par ailleurs de l'activité sur le site internet du téléroman ainsi que sur sa page Facebook, qui rejoint plus de 100 000 adeptes.

Septième et dernière saison

Michel d'Astous écrit en ce moment la saison 7 de «Yamaska», celle qui conclura l'intrigue à compter de septembre 2015. «La septième saison sera la dernière, on a remis la bible, soit la trame principale de l'histoire au réseau TVA. On va revenir à nos personnages principaux», a-t-il dit, en précisant qu'au cours des prochaines semaines, il sera beaucoup question de la séparation de Réjeanne et de Philippe, de la maternité de Sacha qui se sent inapte comme mère et des tensions qui secoueront la petite PME Duo Buzz.