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Un «témoin important» libre, mais suivi de près

Ceux qui attendaient la comparution du suspect dans le dossier du meurtre scabreux sur une piste cyclable de Longueuil, hier, ont été amèrement déçus: le jeune homme arrêté samedi a été libéré sans qu'une accusation ne soit portée contre lui.

«On est allé là le matin et on a attendu toute la journée. C'était extrêmement dur pour nous. Il y a quelque chose qui s'est mal fait mais je ne blâme personne en particulier. Ce n'est pas fini et je ne veux que personne lâche et oublie Jenique. Il ne faut pas que ça se repasse», a fait savoir la mère de la jeune femme assassinée.

Libre comme l'air, ce «témoin important»? Pas vraiment, selon l'expert en enquêtes policières de TVA Nouvelles, Richard Dupuis, qui a été commandant de la division des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal.

«S'il sacre le camp, il va y avoir toute une tralée de gens qui vont sacrer le camp avec lui», résume M. Dupuis, en référence à la surveillance dont fait l'objet celui qui est passé du rang de «suspect» à «témoin important».

 


(Agence QMI)

 

«Il est libre, il peut partir, mais il y a toute une surveillance policière autour de lui parce que ce qu'on craint le plus, c'est qu'il récidive. Les policiers de Longueuil ne peuvent pas se permettre que cet individu-là fasse d'autres victimes.»

C'est que, selon les informations de Richard Dupuis, celui qui s'en est pris à la jeune Jenique Dalcourt serait un «prédateur». «C'est quelqu'un qui suivait sa proie et qu'il s'est abattu sur elle.»

Preuve circonstancielle

L'expert explique également ce qui est à l'origine du coup de théâtre survenu en fin d'après-midi, hier.

«On va rencontrer des individus, on va cumuler de la preuve, on va rencontrer des témoins, on va expertiser la scène de crime et lorsqu'on arrive à un point où on pense, comme policier, avoir assez de preuves, on fait appel à un avocat-conseil. Dans ce cas-ci, c'est un dossier de preuve circonstancielle, on n'a pas de témoin direct, mais mes sources me disent qu'il y a des perquisitions qui ont été faites et que des expertises ont été demandées au laboratoire.»

Les enquêteurs attendraient donc les résultats d'analyses au cours des prochains jours avant de bonifier leur dossier et ainsi d'améliorer leurs chances de faire condamner le suspect lors d'un éventuel procès.

 


Des policiers de Longueuil patrouillent le lieu où a eu lieu le crime (Agence QMI)

 

«Le premier procureur s'est dit à l'aise avec le dossier, mais les procureurs seniors, hier, ont jugé que ça serait très risqué d'aller de l'avant et de faire un procès. Si on le perd, on ne peut pas l'accuser de nouveau. [...] On a décidé d'attendre quelques jours et avoir les résultats d'analyses pour être plus ferré», conclut Richard Dupuis.

Mardi soir dernier, Jenique Dalcourt, 23 ans, revenait du travail et rentrait chez elle lorsqu'elle a sauvagement été attaquée sur une piste cyclable entre le chemin de Chambly et la rue de Normandie. Son corps a été découvert par un passant un peu plus tard.

Rapidement, la police de Longueuil a été forcée de mettre en place une «patrouille spéciale» dans le secteur pour rassurer la population.

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