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Neuf femmes dénoncent Jian Ghomeshi

Comportement sexuel de l'animateur Jian Ghomeshi

TVA Nouvelles

Aucune enquête criminelle n'a encore été lancée par la police torontoise même si une neuvième femme, l'avocate et auteure Reva Seth, s'ajoute à la liste de celles qui ont dénoncé le comportement sexuel de Jian Ghomeshi, l'animateur de CBC congédié dimanche.

Jusqu'à présent, personne n'est venu nous rencontrer», a déclaré l'agent Victor Kwong mercredi. «Aussi, aucune enquête n'est en cours», a-t-il ajouté.

Jian Ghomeshi est sorti brièvement de son silence jeudi matin pour indiquer qu'il ne ferait aucune déclaration à propos des allégations concernant ses présumés comportements sexuels violents.

«Je veux vous remercier pour votre soutien et vous assurer que je ferai face directement à ces allégations», a écrit l'ex-animateur vedette de CBC sur son compte Facebook, jeudi.

Jusqu'à présent, ce sont sept femmes sur neuf qui ont parlé de façon anonyme, sauf Reva Seth, ainsi que Lucy DeCoutere, la comédienne qui interprète Lucy dans la série «Trailer Park Boys».

Cette dernière a déclaré mercredi à l'émission «The Current» de CBC et au «Toronto Star», que Ghomeshi l'aurait étouffée puis frappée violemment à la tête, une histoire semblable à ce qu'ont raconté plusieurs autres victimes. C'est d'ailleurs son témoignage à l'émission «The Current» qui a incité Mme Seth à raconter sa mésaventure, fort semblable à celle de Mme DeCoutere.

La comédienne Lucy Decoutere (Photo WENN)

Les incidents impliquant Lucy DeCoutere se seraient déroulés en 2003 à la résidence de Jian Ghomeshi, à la suite d'un souper au restaurant à Toronto. La comédienne a indiqué que la soirée avait débuté normalement. Ils auraient discuté durant le repas, puis se seraient rendus au domicile de l'animateur.

Alors qu'ils s'embrassaient, Ghomeshi serait rapidement devenu violent. Il l'aurait poussée contre le mur, avant de l'étouffer et de la gifler.

L'actrice ne se souvient pas de lui avoir demandé d'arrêter, mais son visage serait alors devenu très «sérieux». Selon les dires de Lucy DeCoutere, Ghomeshi aurait alors immédiatement cessé d'être violent et elle aurait quitté la résidence de l'ex-animateur moins d'une heure après l'incident.

La comédienne ne portait pas de marques de violence et elle n'a pas consulté un médecin. Elle n'a pas fait part de l'incident à la police jugeant qu'il manquait trop de détails à sa version des faits.

Pas de plainte, pas d'enquête

Une autre femme qui s'est exprimée sous le couvert de l'anonymat à l'émission de CBC «As It Happens», mercredi, a indiqué qu'elle voulait rencontrer la police, mais qu'elle craignait que la longue période de temps qui s'est écoulée depuis - une dizaine d'années - puisse entraver le processus.

Cette autre femme, l'avocate Reva Seth, a raconté sa mésaventure (Photo Facebook)

Aucun délai maximal

La police a toutefois assuré qu'en matière d'agression sexuelle, il n'est jamais trop tard. «Il n'y a pas de délai de prescription, a dit le chef de police de Toronto, Bill Blair, jeudi. Nous enquêterons sur tout crime qui nous est rapporté, peu importe quand c'est arrivé.»

Le porte-parole de la police, Mark Pugash, a confirmé qu'il est impossible d'entamer quelque enquête que ce soit en l'absence de plainte. «Nous avons besoin que des gens viennent nous voir pour qu'on puisse enquêter», a-t-il insisté.

Jian Ghomeshi a déjà admis qu'il pouvait se livrer à des jeux sexuels «aventureux» et «brutaux», incluant des jeux sadomasochistes. Il affirme toutefois que les allégations le concernant sont des mensonges et constituent une campagne de salissage.

L'ancien animateur poursuit le réseau CBC pour 55 millions $, pour «bris de confiance», «mauvaise foi» et «diffamation».