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Le vin plus cher en Alberta qu'au Québec ?

TVA Nouvelles

Les employés de la Société des alcools du Québec (SAQ) et la Centrale des syndicats nationaux (CSN) déterrent la hache de guerre pour s'opposer à toute privatisation de la société d'État.

Les syndiqués et la CSN ont mené une enquête avec caméra dans 14 magasins en Alberta. Ils voulaient en avoir le coeur net sur les prix supposément plus bas. Le résultat: ils varient beaucoup et sont souvent plus chers.

Par exemple, le Ménage à Trois américain coûte 19,94 $ au Liquor Depot d'Edmonton, contre 17,20 $ à la SAQ. Le Masi Modello italien coûte 15,21 $ ou plus dans la plupart des emplacements albertains, contre 14,95 $ au Québec.

La bouteille de vodka Smirnoff de 1,14 litre dépasse 39 $ la plupart du temps en Alberta, contre 35,50 $ au Québec. La SAQ semble très concurrentielle dans les spiritueux.

«Ce que l'on trouve à des tarifs moins chers est généralement [du vin] américain, explique Julie Bergeron, conseillère à la SAQ qui a mené l'enquête. Il est rare de trouver des produits internationaux moins chers.»

Les fluctuations de prix sont aussi grandes.

«Nous avons remarqué que dans les endroits de villégiature, le prix était parfois de 10 $ de plus par bouteille, souligne Mme Bergeron. Avec la SAQ, les tarifs sont les mêmes à la grandeur du Québec.»

Expertise

Julie Bergeron a eu du mal à trouver une variété de vins français, italiens et chiliens dans les magasins albertains. Elle a reçu des conseils douteux, comme d'accompagner de la dinde avec du rouge. «Les employés nous disent d'entrée de jeu qu'ils ne boivent pas de vin et ne connaissent pas cela.»

Sachant tout cela, la CSN lance une campagne publique contre la privatisation possible de la SAQ, la jugeant efficace dans sa mission. Son président, Jacques Létourneau, s'inquiète dans le contexte où Québec envisage de privatiser des services publics.

«Ça fait des années, dit-il, que l'on se fait casser les oreilles avec des comparatifs avec l'Alberta. Nous avons pris les devants et sommes allés sur le terrain pour faire la démonstration que ce que l'on plaide n'est pas fondé.»

M. Létourneau croit que Québec se priverait de revenus. La SAQ lui verse 1 G$ de dividende par année.

«On retirerait momentanément [un gros montant] de la vente, indique le syndicaliste, mais pendant les années qui suivent, les entrées d'argent n'existent plus.»

Que dire alors au client qui trouve que le vin coûte cher au Québec ?

«C'est le gouvernement qui fixe ce qu'il souhaite avoir comme redevance, répond Katia Lelièvre, présidente sortante du syndicat des employés de magasin et de bureau de la SAQ. Ce n'est pas en vendant la SAQ que l'on va payer moins cher. C'est peut-être en demandant au gouvernement de réduire sa part de profit.»