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Une victime de Ghomeshi fait une déclaration à la police

TVA Nouvelles

Lucy Decoutere, une ancienne actrice qui a fait les manchettes lorsqu'elle a accusé Jian Ghomeshi d'agression sexuelle, a fait vendredi une déclaration au Service de police de Toronto, alors que l'enquête se poursuit.

La rencontre s'est déroulée un peu plus d'une semaine après qu'elle ait révélé au Toronto Star avoir été étranglée et frappée au visage lors d'une rencontre en 2003.

Elle est l'une des trois victimes qui ont choisi de déposer formellement une plainte à la police, alors que plusieurs autres femmes ont fait des allégations similaires aux médias.

«Les policiers avec qui j'ai traité étaient chaleureux et sympathiques. Je me suis sentie écoutée», a indiqué dans une déclaration Mme Decoutere, rapportée par le site d'information CP 24. «Celles qui envisagent de se manifester doivent savoir qu'il s'agit d'un lieu sûr», a-t-elle ajouté au sujet du quartier général du Service de police de Toronto.

D'autre part, la présidente du syndicat représentant Jian Ghomeshi a déclaré vendredi au site d'information qu'elle était «secouée» par les allégations contre l'ancien animateur vedette de la CBC.

«Nous avons des processus en place pour aider les gens qui se plaignent d'harcèlement ou d'intimidation, mais évidemment, cela ne fonctionne pas toujours», a constaté Carmel Smyth.

Mme Smyth a aussi confirmé que le syndicat avait déposé un grief contre CBC, au nom de Jian Ghomeshi.

Elle a ajouté que le syndicat allait continuer à représenter Jian Ghomeshi, pendant que le grief allait suivre son cours dans le système.

Jian Ghomeshi a également déposé une poursuite de 55 millions $ contre son employeur pour congédiement injustifié. Il ne fait pas l'objet d'accusation pour le moment.

CBC se défend

La vice-présidente exécutive des services anglais de CBC/Radio-Canada, Heather Conway, a défendu sa gestion du scandale Ghomeshi entre l'enquête interne réalisée en juin et le congédiement de Jian Ghomeshi en octobre, en disant que ce n'était pas le rôle du diffuseur public d'enquêter sur la vie sexuelle privée d'une personne.

«Je n'ai pas un film dans ma tête sur ce qu'est du sexe brutal. J'ai entendu cela et j'ai pensé : d'accord, c'est à l'extérieur de ma zone de confort, mais c'est dans le domaine de la vie privée d'une personne», a-t-elle expliqué dans une entrevue accordée vendredi au chef d'antenne Peter Mansbridge de CBC.

Elle a indiqué que les choses avaient changé lorsque CBC a reçu des preuves en octobre montrant qu'il s'agissait maintenant d' «une question non pas au sujet de la vie privée de quelqu'un, mais au sujet de quelqu'un infligeant des blessures à un autre être humain».

Dans une autre entrevue accordée au Globe and Mail, Mme Conway a reconnu que l'environnement de travail à l'émission Q de laquelle Jian Ghomeshi était l'animateur n'était pas acceptable. Elle a indiqué que la direction doit s'engager de nouveau à l'égard des valeurs de la société d'État, soulignant que la culture de la peur décrite par des anciens et actuels employés de l'émission était «très influencée par M. Ghomeshi et son rôle [dans cette émission]».

«Ce n'est pas une ambiance dans laquelle la plupart des gens à la CBC se trouvent», a dit Mme Conway, prenant l'exemple de l'émission As It Happens contre laquelle il n'y a pas de plaintes, à sa connaissance.

Enfin la comédienne Elvira Kurt, qui est lesbienne et qui était une habituée de l'émission Q de Jian Ghomeshi, a déclaré vendredi au Toronto Sun que ce dernier était «névrosé et narcissique».

 

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