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«Je rêve la nuit qu'il m'attaque»

Maxime Deland | Agence QMI

Bien qu'elle se sente «abandonnée» par le système de justice, Isabelle Gaston était tout de même présente lundi après-midi, à la Cour d'appel, à Montréal, alors que l'appel visant à faire annuler la remise en liberté provisoire de son ex-conjoint Guy Turcotte était entendu.

Brandissant des pancartes, une quinzaine de manifestants étaient également présents pour l'occasion.

Mme Gaston a admis que la journée de lundi en était une très importante, non seulement pour elle et ses enfants, mais également pour le système de justice.

 

(Photo Agence QMI)

 

«Je suis un peu cynique quand je parle du système de justice, mais si j'arrête d'y croire, ça serait de penser que notre société ne peut pas évoluer», a-t-elle dit.

Aucun risque

Au mois de septembre, la juge Nicole Duval Hesler avait donné raison à la Couronne qui demandait au plus haut tribunal de la province de réviser la décision de laisser Guy Turcotte en liberté avant le début de son nouveau procès.

La juge avait alors estimé que le juge André Vincent avait «erré en droit dans son interprétation et son appréciation du critère de la nécessité de ne pas miner la confiance du public» envers la justice en permettant à Guy Turcotte d'aller habiter chez son oncle jusqu'à l'automne 2015.

Dans sa décision, le juge Vincent a estimé que Turcotte ne présente aucun risque ni pour la société, ni pour lui-même, ni pour son ex-femme Isabelle Gaston.

«Je rêve qu'il m'attaque»

Cette dernière affirme toutefois craindre son ex-conjoint. «J'ai peur de cet individu-là, j'en rêve, a avoué Isabelle Gaston. Je rêve la nuit qu'il m'attaque, qu'il entre chez nous. J'ai déménagé, j'ai fait mettre mes numéros confidentiels, quand j'entends du bruit, j'ai peur, quand des gens arrivent, je sursaute.»

 

(Photo Agence QMI)

 

Mme Gaston dit également avoir peur que ses démarches «pour faire changer le système» engendrent de la frustration chez son ex-conjoint. «Maintenant, je sais que personne ne peut me protéger si je le croise dans la rue [...]. Ma sœur et ma nièce sont arrivées face à face avec lui dans un centre d'achats et je souhaite sincèrement que ça ne m'arrive pas. Écoutez, il a tué mes deux enfants...»

M. Turcotte est accusé d'avoir poignardé à mort ses enfants Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans, dans sa résidence de Piedmont en février 2009.

L'accusé avait avoué ses crimes lors du premier procès en 2011, mais avait été déclaré non criminellement responsable en raison de troubles mentaux.

La Cour d'appel a ordonné en novembre 2013 la tenue d'un nouveau procès.

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