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Pour Mike Ward, tout est permis

Nouveau spectacle Chien

Pédophiles, musulmans, xénophobes, autistes, trisomiques, sourds, vieillards. Mike Ward rit de tout le monde dans son nouveau spectacle, Chien, présenté jeudi soir en première médiatique au Théâtre St-Denis, à Montréal. Les malaises sont nombreux et pourraient choquer les oreilles chastes. Mais c'est aussi ce que l'on attend de Mike Ward: qu'il repousse encore plus loin les limites de l'humour.

Dans ce troisième one-man-show de l'humoriste, tout y passe. Des gags sur «les vieux bonshommes qui sortent avec des p'tites jeunes» («moi aussi, j'en voudrais une de 19 ans, je veux qu'elle soit légale, mais pas partout»), sur la religion («aujourd'hui, les gens n'ont pas peur des Anglos, mais des musulmans), sur ses problèmes de consommation d'alcool («je ne suis pas alcoolique, je suis festif») et sur Guy Turcotte («en voyage dans le Sud, tout le monde est ton ami, si le Dr Turcotte était là, je ferais: "C'est mon ami, lui aussi il n'a pas d'enfants!"»).

Plus loin, Mike Ward parle de vouloir donner le sida à son cousin autiste célibataire, il élabore un plan pour noyer son enfant sourd fictif et il termine en demandant aux spectateurs «d'enculer un vieillard».

Désamorcer les malaises

Bien entendu, prises hors contexte, ces énormités ont vraiment de quoi saisir (celle sur Turcotte s'est attiré plusieurs «oh!» dans la salle), mais livrées par Mike Ward, avec le petit sourire en coin, elles finissent par passer. Surtout, le comique ne se gêne pas pour désamorcer les malaises, mettant l'assistance de son côté.

Au fur et à mesure que la soirée avance, on se demande jusqu'où il ira. Et très souvent, il nous amène encore plus loin qu'on aurait pu l'imaginer. Un surprenant procédé que lui seul peut utiliser à fond, sans s'attirer des reproches.

Contrairement à son spectacle précédent, où il avait visé plusieurs personnalités publiques en les nommant (Gregory Charles, le petit Jérémy, Céline Dion), Mike Ward a pris soin d'éviter les possibles mises en demeure en ne parlant directement d'aucune vedette... sauf Claude Dubois et son ex, Crystal Miller. En début de spectacle, ceux-ci sont victimes de certains des gags les plus vulgaires de la soirée.

Seul à l'écriture

Après 20 ans de carrière, Mike Ward a atteint un niveau de popularité et un statut d'intouchable qui lui permettent de dire pratiquement n'importe quoi. «J'ai des blagues qui sont tellement hard qu'elles sont rendues absurdes», nous avait-il dit en entrevue. Et il a parfaitement raison. Plusieurs de ses blagues, qu'il a toutes écrites sans aide extérieure, n'ont aucun bon sens et c'est exactement ce qui les rend efficaces.

Au niveau de la mise en scène, scénographie et direction artistique, Mike Ward a fait appel à Daniel Fortin, avec qui il avait déjà collaboré sur S'expose. Le décor, tout en simplicité, nous montre l'humoriste sortant d'une cage, qui se transforme en immense «X», rappelant le spectacle précédent.

Un petit mot en terminant sur le joli délire qu'a livré Daniel Grenier en première partie.

L'ancien Chick'n Swell a offert un numéro délicieusement décousu, composé de chansons (Le drummeur de Kiss, Les hyènes) et de sketches absurdes qui ont très bien amorcé la soirée.

Mike Ward sera de retour au Théâtre St-Denis 2 vendredi et samedi. Pour toutes les dates: mikeward.ca.

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