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Une étude recommande l'abolition du permis de taxi

Institut économique de Montréal

Il faut abolir «l'archaïque» permis de taxi qui freinerait le développement technologique de l'industrie, avance une étude qui sera publiée vendredi par l'Institut économique de Montréal au sujet de l'arrivée de nouvelles applications comme Uber.

Ce permis, qui se vend souvent pour plus de 200 000 $ à Montréal, est obligatoire si on veut pouvoir utiliser son véhicule comme taxi. On en dénombre 4440 sur le territoire de Montréal.

Selon les auteurs du rapport, ces permis représentent le plus grand obstacle à l'implantation de nouvelles technologies de «covoiturage», tels qu'UberX, qui auraient de nombreux effets bénéfiques pour les chauffeurs et les clients.

«Le système archaïque de permis a été adopté il y a longtemps, a souligné un des auteurs du rapport, Vincent Geloso. Les années 1970 sont terminées, mais la réglementation ne prend pas compte de possibles changements que les nouvelles technologies pouvaient amener.»

Par exemple, le document souligne qu'un sondage dans 21 grandes villes américaines démontre que le prix d'un voyage Uber est moins cher que le même trajet en taxi.

De plus, l'arrivée de telles applications à San Francisco a permis de réduire le temps d'attente pour une voiture de façon significative.

En effet, 93 % des clients qui utilisent des outils de covoiturage embarquaient dans un véhicule en moins de 10 minutes, contre 35 % des clients qui appellent des répartiteurs de taxi.

«Il y a de grands bénéfices associés à l'arrivée de ces nouveaux services, autant pour les chauffeurs que pour les clients, et l'expérience pourrait très bien se [répéter] à Montréal», a résumé M. Geloso.

Rachat de permis

Compte tenu du prix fort élevé d'un permis de taxi, les auteurs du rapport soulignent que c'est compréhensible que les propriétaires de taxi craignent de perdre leur investissement si on abolissait le système en place.

Ainsi, ils suggèrent à la Ville de mettre en place des procédures de rachat qui permettraient aux propriétaires de taxi de reprendre une partie de leur investissement et, dans certains cas, d'éviter de faire défaut sur leurs paiements.

Le rapport souligne également que l'absence de permis améliorerait le bien-être de nouveaux chauffeurs de taxi qui, en l'absence des prêts nécessaires pour l'acquisition d'une licence, seront en mesure de baisser leurs prix sans toucher leurs revenus.

«Quand on achète le permis à 200 000 $, on est coincés dans l'industrie parce qu'on ne veut pas perdre de l'argent. En enlevant le permis, on enlève cet obstacle au travail et on donne une plus grande flexibilité aux chauffeurs», a conclu le chercheur.

Opposition des taxis

L'idée d'abolir les permis de taxi reçoit un très mauvais accueil chez certains représentants de l'industrie du taxi, qui y voient des similitudes à l'abolition d'une propriété privée.

«Plusieurs chauffeurs ont travaillé toute leur vie pour acheter un permis et c'est leur seule pension. Si on leur enlève ça, ils n'auront plus rien pour leur retraite», a déploré Max-Louis Rosalbert, président du Regroupement des propriétaires et chauffeurs de taxi de Montréal.

«C'est comme si la Ville abolissait le concept de propriété privée et venait prendre ta maison», a-t-il martelé.

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