/regional/montreal/montreal

Écoles construites sur des terrains contaminés

Commission scolaire de Montréal

TVA Nouvelles

Les parents ne le savent peut-être pas, mais la plupart des écoles de la Commission scolaire de Montréal sont situées sur des terrains contaminés. La CSDM dit qu'il n'y a pas de danger pour la santé, mais refuse de dire quelles écoles sont aux prises avec ce problème.

Sous la cour de l'école Laurier, sur le Plateau, où s'amusent les enfants, se cache un ancien dépotoir. Quand l'école a voulu rénover la cour, on a découvert des matières toxiques dans le sol. Il a fallu décontaminer. Une facture de près de 1,2 million de dollars.

À quelques kilomètres, l'école Marie-Favery avait prévu 55 805$ pour la réfection de sa cour. Encore une fois, la présence de produits toxiques a nécessité des travaux d'excavation majeurs, qui ont coûté près de 1,5 million de dollars.

«Les premières questions que l'on se pose sont: est-ce qu'il y a présence de sols contaminés, puis si oui, a-t-on réhabilité tout le terrain?» s'interroge Alfred Jaouich, professeur à la Faculté des sciences de l'UQAM.

Des documents obtenus par TVA Nouvelles en vertu de la Loi d'accès à l'information montrent que cinq des plus récents projets de réfection des cours d'école ont entraîné des frais de décontamination importants, comme l'école de l'Étincelle, 51 530$; l'école Hélène-Boullé, 20 812$; et l'école Saints-Martyrs-Canadiens, 15 314$.

Combien d'écoles se trouvent sur des sites contaminés? La Commission scolaire de Montréal confirme que la plupart des écoles sur son territoire se trouvent sur des sols contaminés aux hydrocarbures, aux métaux lourds ou aux HAP toxiques.

Tant que le couvert d'asphalte tient le coup, la Santé publique ne s'inquiète pas.

«Les jeunes ont tendance à toucher à de la terre. Je ne dirais pas jusqu'à la mettre dans leur bouche, mais le fait qu'il y ait de la poussière, tout contact dermique peut être problématique», poursuit M. Jaouich.

Malgré nos demandes, la Commission scolaire de Montréal refuse d'identifier ses écoles contaminées.

En consultant le répertoire du ministère de l'Environnement, nous n'avons pu identifier que 6 établissements sur 177 écoles primaires et secondaires.

«Le ministère de l'Environnement nous a donné une cible, c'est de rénover 50% de nos sites contaminés d'ici 10 ans», affirme Fabien Gagné de la Commission scolaire de Montréal.

La contamination remonte au début du vingtième siècle, quand de nombreux édifices industriels ont été détruits et les sols contaminés utilisés comme remblais sur de grandes parties de l'île.

Même si la Commission scolaire de Montréal refuse d'identifier les écoles contaminées, les matières toxiques sont toujours là, enfouies sous le sol et restent potentiellement tout aussi dangereuses pour la santé des enfants.