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La défense entame sa plaidoirie finale

Procès Magnotta

Le jury peut oublier les 20 jours de témoignages d'experts, a affirmé mercredi l'avocat de Luka Rocco Magnotta. Car la preuve de sa schizophrénie est dans les rapports médicaux.

«On ne veut pas de chicanes d'experts, a lancé Me Luc Leclair aux jurés au procès pour meurtre de Magnotta. Les symptômes ne datent pas d'hier, les dossiers médicaux sont là, il n'y a aucun doute qu'il souffre de schizophrénie.»

En 60 minutes, l'avocat de la défense a résumé 11 semaines de procès. Point par point, la défense a tenté de convaincre le jury que Magnotta ne devrait pas être reconnu coupable du meurtre prémédité de Jun Lin, le 25 mai 2012.

Folie

Selon l'avocat de la défense «tout démontre que c'était la folie» qui a poussé Magnotta a commettre ses gestes.

«Quand on le voit dans les vidéos de surveillance, tout à l'air normal, a-t-il dit. Ce n'est pas normal, c'est la folie.»

Il a aussi donné en exemple la relation inventée avec Karla Homolka, la relation privilégiée de Magnotta avec la voix de Marilyn Monroe ou encore qu'il se prenait pour Sharon Stone.

«C'est la folie», a-t-il martelé. Tout comme le courriel de l'accusé à un reporter anglais, où Magnotta annonce qu'il a tué des chatons et qu'il allait ensuite s'en prendre à des humains.

«La thèse est intéressante en surface, mais dans le contexte, on voit que c'est de la folie», selon Me Luc Leclair.

Et si Magnotta a porté les vêtements de Jun Lin après l'avoir tué, ce n'est pas comme on porte un trophée, mais à cause de la folie, a-t-il ajouté.

«Basic Instinct»

La défense s'est également attardée sur le film Basic Instinct. Il existe en effet plusieurs similitudes entre le meurtre de Jun Lin et le célèbre film des années 1990 mettant en vedette Sharon Stone, avait noté l'expert de la Couronne lors du procès.

Cela allait du nom de l'ex-fiancé du personnage à la mise en scène avec un pic à glace, en passant par le nom d'emprunt de Magnotta (Trammell) similaire au nom du personnage joué par Sharon Stone.

Or, il existe aussi plusieurs différences. Dans le film, personne n'est découpé, Stephen Harper n'est pas là, et Magnotta utilise un tournevis.
«Le similitudes sont superficielles», a soutenu son avocat.

Article 16

L'avocat a ainsi demandé au jury de déclarer son client non criminellement responsable des cinq accusations auxquelles il fait face. Il s'agit de l'article 16 du Code criminel, et le critère est la prépondérance de la preuve, a-t-il souligné.

«C'est un cas unique», a ajouté l'avocat. Car le jury dispose de nombreuses vidéos qui montrent l'accusé avant, pendant et après le mort de l'étudiant chinois. Magnotta n'a pas témoigné et il a refusé de rencontrer les experts de la Couronne.

«M. Magnotta a droit au silence, ce n'est pas obligatoire de rencontrer les experts de la Couronne, a soutenu Me Leclair. Vous pouvez le prendre en considération, mais selon moi, ce n'est pas un facteur à considérer.»

La défense n'a d'ailleurs pas manqué de fustiger le psychiatre expert de la Couronne pour avoir donné des entrevues à la radio, où il avait qualifié Magnotta de «psychopathe» et de «pervers».

«Il a dit des choses qui sont indignes d'un psychiatre judiciaire, a martelé l'avocat. Son témoignage, on l'écarte.»

«Le verdict de M. Magnotta est entre vos mains», a-t-il conclu. La plaidoirie de la Couronne commencera jeudi, et le jury entamera ses délibérations le lendemain.

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