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Le géant américain de l'autopartage à Montréal?

Zipcar

Un quatrième joueur dans l'industrie de l'autopartage pourrait bientôt débarquer à Montréal. L'entreprise Zipcar aurait déjà entrepris plusieurs démarches au cours des derniers mois pour s'installer sur l'île, a appris 24 Heures.

Selon une source bien au fait du dossier, le géant américain de l'autopartage aurait eu des discussions avec Communauto dans le but de possiblement acheter la firme québécoise. Celle-ci aurait toutefois refusé les avances de Zipcar.

Cette démarche s'inscrirait dans les tendances de l'entreprise, qui s'est implantée au Royaume-Uni en achetant Streetcar et en Autriche en acquérant Denzel Mobility CarSharing. On retrouve les voitures de l'entreprise dans sept pays en Amérique et en Europe.

Sans confirmer nos informations, le porte-parole de Communauto n'a pas nié que des rencontres ont eu lieu entre les deux entreprises.

«Je ne peux pas le confirmer, car ce n'est pas de l'information que je peux discuter», a indiqué Marco Viviani, en rajoutant que présentement, «Communauto n'est pas en vente».

Selon le porte-parole, la mission de son entreprise et celles de Zipcar ne sont pas compatibles. Tandis que Communauto vise à faire rayonner l'autopartage en réduisant la dépendance à la voiture personnelle, la compagnie américaine viserait plutôt la profitabilité.

«On tient à notre mission et on ne fera jamais des alliances avec quelqu'un qui ne suit pas la même logique. Je ne pense pas que Zipcar ait la préoccupation de développer du service alternatif [...] ils ont plus un intérêt à vendre un produit», a ajouté M. Viviani, qui ne craint pas l'arrivée d'un nouveau compétiteur.

Plans d'expansion

Montréal est dans la mire de Zipcar depuis au moins le début de l'année, selon un rapport présenté aux actionnaires de l'entreprise au mois de février dernier et obtenu par le 24 Heures.

Dans le document, l'entreprise indique qu'elle vise déjà certains marchés pour continuer son expansion, et identifie Las Vegas, Houston et Montréal en particulier.

Après plusieurs appels, une porte-parole de Zipcar a finalement répondu par courriel que de nouveaux marchés sont toujours recherchés. «Zipcar travaille constamment pour apporter plus de "roues quand vous les voulez" à plus de gens dans plus d'endroits. À ce stade, nous n'avons pas de détails supplémentaires à partager par rapport à Montréal», a écrit Jennifer Mathews.

Zipcar est la quatrième entreprise d'autopartage à s'intéresser à Montréal, après Communauto et Car2go (déjà en place) et l'entreprise française Bolloré, tel que révélé récemment par Le Devoir.

Communauto déplore l'incertitude à Montréal

L'incertitude qui perdure de la part de la Ville sur l'avenir de l'autopartage et les véhicules en libre-service ralentit le développement de ces services, avertit le fondateur de Communauto.

Dans un message envoyé, il y a quelques jours, aux membres de son service, le président fondateur de l'entreprise québécoise, Benoît Robert, a déploré le «climat d'incertitude» qui règne à Montréal, notamment sur la question des intentions de la Ville par rapport à l'autopartage.

«Nous ne pourrons réaliser notre plein potentiel si nous travaillons sur un siège éjectable», a indiqué M. Robert.

«On était toujours dans l'incertitude au cours de la dernière année parce qu'on ne savait jamais ce que demain réservait [...] On ne pouvait pas prendre de décisions qui nous coûteraient trop cher, au risque de perdre notre argent», a précisé le président en entrevue.

Il a cité comme exemple le développement des plateformes technologiques pour les véhicules en libre-service (VLS) qui ne sont pas complètement en place, car les autorisations pour lancer le service seraient arrivées à la dernière minute.

«On ne pouvait pas se permettre d'investir dans le développement et l'intégration, alors qu'on ne savait même pas si on aurait le droit d'offrir le service ou pas. Alors on s'est trouvé avec Car2go qui était prêt et nous qui n'avions pas terminé nos préparatifs», a confié M. Robert.

Politique à venir

Au printemps dernier, le maire Denis Coderre a fait savoir qu'il voulait dresser une politique pour les services de véhicules en libre-service (VLS) et l'autopartage. Il y a quelques semaines, il a annoncé qu'elle sera dévoilée en janvier prochain.

Entre temps, il a demandé aux arrondissements d'attendre avant de permettre l'implantation de ses services, sans pour autant révéler s'il compte mettre en place un système géré par la Ville.