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Un dernier rosbif chez Magnan

TVA Nouvelles

C'est la fin d'une époque pour les habitués de la Taverne Magnan. Après 82 ans, l'établissement légendaire de la Pointe-Saint-Charles à Montréal servira son dernier rosbif ce soir. Selon son président-directeur général, époux de la petite-fille du fondateur Armand Magnan, la situation économique ne permet pas au commerce de poursuivre ses opérations.

Même si la Taverne Magnan est remplie à craquer depuis plusieurs jours, Alain Gauthier ne se fait pas d'histoires, «c'est le rendez-vous des nostalgiques».

«Dans les années 80 et 90, on servait entre 600 et 1000 repas par jour. Vendredi, c'était 1300», a-t-il confié au Journal de Montréal.

Le PDG et époux de la petite-fille du fondateur Armand Magnan, Alain Gauthier (Crédit photo: Agence QMI)

Or, ces dernières années, la moyenne de clients se situait plutôt à 400 par jour, ce qui est n'est pas suffisant pour que le commerce demeure rentable. Située dans l'ancien quartier ouvrier de Pointe-Saint-Charles, dans le sud-ouest de Montréal, la Taverne Magnan accueillait autrefois son lot de travailleurs qui aujourd'hui, selon M. Gauthier, «viennent avec leur boîte à lunch».

La crise du bœuf a aussi frappé durement le commerce, explique le PDG. «En mars, le prix a augmenté de 35%. Je ne peux pas augmenter mes prix de la sorte.»

Au centre, le fondateur de la Taverne Magnan, Armand Magnan (Crédit photo: archives)

Malgré les larmes de quelques-uns des 65 employés lors de l'annonce de la fermeture en octobre dernier et les 15 ans qu'il a consacrés à la tête de l'établissement, Alain Gauthier sait qu'il a pris la bonne décision.

«M. Magnan penserait: "on l'a fait, on s'est battu jusqu'à la dernière minute". Mais il aurait constaté que la rentabilité n'était pas au rendez-vous», laisse-t-il tomber.

Les irréductibles du rôti de bœuf de la Taverne Mangnan pourront toutefois se consoler. La Boucherie Magnan dans le quartier Dix-30 de Brossard restera ouverte et une autre boucherie avec un coin bistrot ouvrira ses portes à Boucherville ce printemps.

D'ici là, il reste quelques heures pour les nostalgiques qui voudraient profiter des derniers instants d'un établissement témoin d'une autre époque.