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Attentat unanimement dénoncé au pays

Charlie Hebdo

TVA Nouvelles

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L'attentat contre la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo à Paris, qui a coûté la vie à au moins 12 personnes, a été unanimement condamné au pays.

«Intolérable et inacceptable. Nous ne céderons jamais au terrorisme. Nos pensées accompagnent le peuple français», a écrit le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, sur Twitter.

Le premier ministre fédéral a eu la même réaction. «Je suis horrifié par cet acte terroriste barbare commis en France», a affirmé Stephen Harper sur Twitter.

«Cet acte barbare, combiné aux attaques perpétrées à Sydney, à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa, nous rappelle cruellement qu'aucun pays n'est à l'abri des attaques terroristes que nous avons vues ailleurs dans le monde», a affirmé plus tard le premier ministre Harper par communiqué.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, a précisé que le Canada et ses alliés sont «encore plus déterminés que jamais de travailler avec nos partenaires internationaux pour faire front contre les terroristes».

Le chef de l'opposition officielle s'est dit «outré et attristé par la fusillade à Paris». «Le monde entier pleure avec les familles des victimes de cet acte de violence insensé», a ajouté le chef du NPD, Thomas Mulcair sur Twitter.

Le chef des libéraux fédéraux, Justin Trudeau, a aussi déploré cette attaque visant ce journal qui a publié des caricatures sur l'Islam. «Nous condamnons les horribles attentats survenus à #Paris, nous sommes de tout cœur avec le peuple français et les familles des victimes», a dit M. Trudeau sur Twitter.

«En s'attaquant à Charlie Hebdo, l'intégrisme s'est attaqué à ce que la liberté d'expression a de plus pur, de plus difficile, de plus controversé aussi: le droit à l'irrévérence, le droit à la polémique, le droit à la moquerie» a réagi le chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu.

Le consul général de France à Québec, Nicolas Chibaeff, parlait aussi d'un acte lâche. «Ma réaction en est une de révolte et d'indignation devant cet acte qui est à la fois criminel, lâche et scandaleux et qui s'attaque aux valeurs de liberté d'expression et de liberté de la presse. Voir ces journalistes et ces policiers tués avec cette détermination et cette froideur, c'est effrayant.»

L'ambassade de France à Ottawa a affirmé par communiqué être «très touchée par les témoignages de solidarité qui se manifestent au Canada, de la part de citoyens, de journalistes, et des plus hautes instances de l'État».

«Ceci montre que la France et le Canada sont unis et déterminés dans la lutte contre le terrorisme», a ajouté l'ambassade.

Les drapeaux des ambassades et des consulats français au pays et ailleurs dans le monde ont été mis en berne.

«Sous le choc»

La Fédération professionnelle des journalistes (FPJQ) s'est dite «sous le choc» par cette attaque.

«Cet acte odieux est une atteinte directe à la liberté de presse, cette liberté fondamentale de nos démocraties. Lorsque les journalistes deviennent des cibles, ce sont tous les citoyens qui écopent», a déclaré la FPJQ par communiqué.

L'ancien président de la FPJQ, Brian Myles, a d'ailleurs qualifié cet attentat de «sordide et crapuleux qui n'a aucune raison d'être».

«On a voulu par les armes faire taire un journal satirique qui fait grincer des dents depuis des années, mais il faut tolérer des propos comme ceux de Charlie Hebdo dans une société démocratique», a précisé Brian Myles.

«Il faut être capable d'accepter la critique, la satire et la caricature, même la caricature des religions. Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est une tentative par le meurtre de faire taire cette pensée libertaire. Nous devons continuer à ruer dans les brancards», a-t-il ajouté.

«C'est l'un des attentats les plus meurtriers en France, tous types d'attentats confondus», conclut-il.

«Les auteurs de ce crime ont attaqué un symbole fort de la liberté de pensée, de parole, d'expression et d'opinion, a réagi le Conseil de presse du Québec. Sans ces libertés, les sociétés démocratiques ne seraient pas l'ombre d'elles-mêmes», a souligné la présidente, Paule Beaugrand-Champagne.

Le caricaturiste du Journal de Québec, YGreck, s'est dit aussi secoué.

«J'ai eu les jambes sciées. Je suis sous le choc comme la planète et les caricaturistes. Les caricaturistes sont de gauche, pacifistes, dans leur coin, "low profile". On devient un curieux symbole pour des groupes terroristes», a dit Yannick Lemay, alias YGreck.

Le dessinateur qui a rapidement mis en ligne une caricature simple, mais percutante sur la tuerie à Paris craint-il des représailles en lien avec son métier qui peut parfois heurter des sensibilités? Va-t-il s'autocensurer?

«Si j'étais en France, j'y penserais. Je m'intéresse plus à la politique d'ici, aux choses plus près de nous. Les grands débats internationaux ne sont pas parmi mes sujets favoris. Je me poserais la question à savoir dans quelle mesure on peut titiller la susceptibilité de gens aussi radicaux», a fait savoir YGreck.

L'artiste qui fait de l'actualité son pain quotidien se dit heureux que [l'extrémisme] n'est pas dans sa «palette». «Je ne vais pas beaucoup dans la polémique et je vais rester comme ça», a-t-il soutenu glissant au passage qu'il faut de la solidarité internationale quant à la liberté d'expression.

Le président fondateur du groupe Juste pour rire, Gilbert Rozon, a d'ailleurs appelé la population et les journaux à ne pas céder aux extrémistes qui prônent la violence pour empêcher des caricatures traitant de l'islam, une des marques de commerce de Charlie Hebdo.

«Je rêve que partout dans la planète tous les journaux publient ces caricatures», a affirmé M. Rozon sur les ondes de LCN.

Legault fait référence à «Homeland»

Ailleurs au Québec, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault a dénoncé l'attentat, mais en faisant allusion à une agente secrète de la série télévisée américaine «Homeland».

«La lutte contre les extrémistes est plus urgente que jamais. Plus de Carrie Mathison!», a écrit François Legault sur Twitter.

Pierre Karl Péladeau, l'actionnaire de contrôle de Québecor et candidat à la chefferie du Parti québécois, a affirmé sur Twitter que «les médias, la presse écrite et ses artisans ainsi que la démocratie (sont) en deuil aujourd'hui et pour longtemps».

Pour sa part, Amir Khadir de Québec solidaire a affirmé par communiqué qu'il était «plus important que jamais de défendre la liberté de parole et l'exercice d'une presse libre, remparts de notre démocratie face à l'ignorance et l'obscurantisme».

«Devant l'horreur, nous sommes en choc, mais nous ne céderons pas aux amalgames et à la stigmatisation de certaines communautés», a-t-il mentionné.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a aussi fait connaitre son indignation.

«Nous condamnons cet acte odieux, ce geste barbare terroriste contre la liberté de la presse. Il faut condamner sans retenue une telle atteinte à nos libertés fondamentales», a affirmé Denis Coderre par communiqué.

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