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Les quatre dessinateurs-vedettes assassinés

TVA Nouvelles

L'équipe de Charlie Hebdo a été décimée dans le sanglant attentat perpétré mercredi au siège de l'hebdomadaire à Paris, avec la mort de quatre célèbres caricaturistes et d'un économiste chroniqueur.

Charb, Cabu, Wolinski et Tignous (Crédit photo: Agence France-Presse)

Au total douze personnes, dont deux policiers, ont été tués par deux tueurs lourdement armés qui ont fait irruption en fin de matinée dans les locaux de l'hebdomadaire satirique.

Les dessinateurs Charb, Cabu, Wolinski et Tignous figurent parmi les morts, ainsi que l'économiste Bernard Maris, également chroniqueur sur la radio France Inter.

Un cinquième dessinateur, Philippe Honoré, dit Honoré, est également mort dans l'attaque.

Les autres victimes sont: Mustapha Ourrad, correcteur à l'hebdomadaire; Elsa Cayat, psychanalyste et chroniqueuse à Charlie Hebdo; Michel Renaud, ancien directeur de cabinet du maire de Clermont et invité du journal satirique ce mercredi matin; Ahmed Merabet, agent de police; Franck Brinsolaro, brigadier au service de la protection des personnalités et Frédéric Boisseau, agent d'entretien de l'entreprise Sodexo.

Caricatures prémonitoires?

«Toujours pas d'attentats en France... Attendez, on a jusqu'à la fin janvier pour présenter ses vœux», avait dessiné le caricaturiste Charb dans le dernier numéro de Charlie Hebdo, paru aujourd'hui.

Le dernier numéro de Charlie Hebdo (Crédit photo: capture d'écran Nouvel Observateur)

À peine une heure avant que trois hommes cagoulés entrent dans les locaux de Charlie Hebdo, le journal satirique avait publié, sur Twitter, une image du chef de l'État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi.

(Crédit photo: via Twitter)

Quelques minutes plus tard, Charb était assassiné avec ses collègues.

Le journal satirique avait été la cible de plusieurs menaces au fil des ans en raison de publications de caricatures de Mahomet. Le dessinateur Charb se savait menacé depuis de nombreuses années, rapporte le Nouvel Observateur.

«Je n'ai pas de gosses, pas de femme, pas de voiture, pas de crédit. C'est peut-être un peu pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux», avait-il dit au quotidien français Le Monde, en 2012.

Une équipe décimée

Les assaillants ont ouvert le feu et achevé «froidement les personnes rassemblées pour la conférence de rédaction, ainsi que le policier chargé de la protection du dessinateur Charb, qui n'a pas eu le temps de riposter», a expliqué à l'AFP une source policière.

Une seule personne, qui a réussi à se cacher sous une table, a pu en réchapper.

Cabu, 76 ans, et Wolinski, 80 ans, étaient les caricaturistes les plus connus, les «pères» de toute une génération de satiristes.

Le premier, de son vrai nom Jean Cabut, auteur de plus de 35 000 dessins en 60 ans de carrière, avait fait ses débuts dans les années 60 à Hara Kiri, l'ancêtre de Charlie, avec la fine fleur des caricaturistes de l'époque. Dans sa ligne de mire, les politiques, l'armée, toutes les religions...

Georges Wolinski pour sa part était un auteur de bandes dessinées et un dessinateur de presse mythique pour toute une génération : il était le père du célèbre Roi des cons, pilier de Charlie Hebdo.

Stéphane Charbonnier, alias Charb, dessinateur de 47 ans, était aussi directeur de la publication de Charlie Hebdo. Il était sous protection policière après avoir reçu des menaces de mort à la suite de la publication de caricatures de Mahomet.

Et Tignous, de son vrai nom Bernard Verlhac, caricaturiste et dessinateur de presse français, était l'auteur de plusieurs ouvrages humoristiques.

Bernard Maris, économiste de 68 ans, était notamment connu pour ses débats et émissions sur France Inter. Il collaborait à Charlie Hebdo sous le pseudonyme d'«Oncle Bernard».

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