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700 000 Français manifestent partout au pays

Attentats à Paris

TVA Nouvelles

Sonnées mais mobilisées, au lendemain du pire épisode terroriste de l'histoire récente du pays, près de 700 000 personnes sont descendues spontanément dans les rues de France samedi pour rendre hommage aux 17 victimes des jihadistes, avant une marche historique dimanche sous une sécurité draconienne.

Brandissant un stylo ou des Unes du journal Charlie Hebdo ciblé mercredi dans une attaque sanglante (12 morts), une foule d'anonymes a manifesté émotion et solidarité. À Toulouse (sud-ouest), déjà meurtrie par des attaques du jihadiste Mohammed Merah en 2012, 100 000 personnes ont manifesté, du jamais vu.

L'attaque meurtrière, mercredi à Paris, contre Charlie Hebdo par les frères Saïd et Chérif Kouachi, puis celle contre une policière jeudi et un supermarché casher vendredi, où quatre personnes ont été tuées par un autre jihadiste Amedy Coulibaly, ont été vivement condamnées, y compris à l'étranger.

Même la famille de ce dernier jihadiste a condamné les attentats samedi soir dans un communiqué signé de sa mère et ses soeurs. «Nous condamnons ces actes. Nous ne partageons absolument pas ces idées extrêmes. Nous espérons qu'il n'y aura pas d'amalgame entre ces actes odieux et la religion musulmane», ont-elles affirmé.

Amedy Coulibaly a été tué vendredi dans l'est de Paris dans l'assaut des policiers contre le supermarché casher dans lequel il retenait des otages. Quatre clients juifs de ce magasin y ont également été tuées.

Marche à Nice (Crédit photo: Agence France-Presse)

La compagne de l'un des jihadistes, activement recherchée pour son rôle présumé, se trouverait en Syrie selon une source sécuritaire turque.

Samedi les manifestations en France ont eu lieu sous haute surveillance, au lendemain du dénouement sanglant des pires attaques terroristes dans le pays depuis 50 ans, qui s'est soldé par la mort des trois jihadistes et de quatre otages.

Plusieurs centaines de militaires supplémentaires doivent être déployés dans la capitale et ses environs en renfort des milliers de policiers mobilisés dans le cadre d'un plan antiterrorisme à son plus niveau depuis mercredi, après l'attaque meurtrière contre le journal satirique Charlie Hebdo dans lequel cinq célèbres caricaturistes sont morts.

Le président François Hollande a averti vendredi que «la France n'en a pas terminé avec les menaces». Et justement dans une vidéo diffusée le même jour, un responsable religieux d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), Harith al-Nadhari, a menacé le pays de nouvelles attaques: «Vous ne serez pas en sécurité tant que vous combattrez Allah, Son messager et les croyants».

Marche à Caen (Crédit photo: Agence France-Presse)

Aussi les «marches républicaines» dimanche à Paris et dans plusieurs villes de France vont se dérouler sous une sécurité maximale car elles s'annoncent exceptionnelles par leur ampleur et le nombre de dirigeants étrangers présents.

«Ce sera une manifestation inouïe (...) qui doit être forte, digne, qui doit montrer la puissance et la dignité du peuple français qui va crier son amour de la liberté et de la tolérance. Venez nombreux!» a lancé samedi le premier ministre Manuel Valls.

D'ores et déjà on attend un million de personnes dans la capitale dimanche.

Marche à Nice (Crédit photo: Agence France-Presse)

Au côté du président François Hollande, seront notamment présents la chancelière allemande Angela Merkel, le premier ministre britannique David Cameron, le président du conseil italien Matteo Renzi et le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy. Mais se sont également annoncés le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président palestinien Mahmoud Abbas, le roi et la reine de Jordanie, le premier ministre turc Ahmet Davutoglu, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, le président ukrainien Petro Porochenko, ou encore le Malien Ibrahim Boubacar Keïta.

«Les juifs de France, depuis de nombreuses années, ont peur», a déploré Manuel Valls, ajoutant: «La France sans les juifs de France n'est plus la France».

Benjamin Netanyahu a, de son côté, assuré aux juifs de France qu'Israël était "leur foyer".

Les attaques de ces derniers jours ont laissé la France en proie à un profond traumatisme et à de nombreuses interrogations sur d'éventuelles failles dans son dispositif de sécurité.

Elles surviennent, aussi dans un pays en forte crise identitaire, se cristallisant notamment sur la place de l'islam et l'immigration.

La traque des jihadistes s'est achevée dans le sang vendredi: les deux frères Kouachi ont été tués alors qu'ils s'étaient retranchés dans une imprimerie au nord de Paris.

Amedy Coulibaly, avec lequel ils étaient liés, a lui été tué au terme d'une prise d'otages dans un supermarché casher de l'est de Paris, où il avait ouvert le feu.

Peu avant le dénouement sanglant, les frères Kouachi et Coulibaly ont expliqué à la chaine BFM-TV s'être coordonnés et revendiqué leur appartenance respective à Al-Qaïda au Yémen et au groupe État islamique.

Le procureur de Paris François Molins a fait état de liens «constants et soutenus» entre Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly par le biais de leurs compagnes.

La garde à vue de la femme de Chérif Kouachi a été levée samedi soir.

Délinquant multirécidiviste déjà condamné dans une affaire d'extrémisme islamiste, Coulibaly avait rencontré Chérif Kouachi en détention, où il s'est radicalisé.

Coulibaly, d'origine malienne, a affirmé aux personnes qu'il retenait en otages que son action visait à protester contre l'action militaire française au Mali et les bombardements occidentaux en Syrie, dans une conversation enregistrée et diffusée samedi sur la radio RTL.

Les frères Kouachi, Français d'origine algérienne, avaient basculé dans l'islam radical, l'aîné s'étant entraîné avec Al-Qaïda au Yémen alors que le cadet avait été impliqué dans une filière de recrutement de jihadistes pour l'Irak.

Chérif Kaouchi était bien connu des services de renseignements français, et les deux frères étaient inscrits «depuis des années» sur la liste noire américaine du terrorisme.

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