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300 000 patients quittent les urgences sans voir un médecin

La CAQ critique Barrette

Veronique Prince

Environ 300 000 personnes ont quitté les salles d'urgence du Québec en 2014, sans avoir vu de médecin ni reçu de soins, démontrent les recherches effectuées par la Coalition avenir Québec (CAQ). 

Inquiète des compressions, la deuxième opposition a fait enquête auprès d'une centaine de centres de santé et de services sociaux (CSSS) de la province.

Grâce à des demandes d'accès à l'information adressées aux agences de santé, elle a recensé le nombre de gens ayant quitté un hôpital, faute d'avoir vu un médecin.

«C'est possiblement parce que l'attente était trop longue, parce que la condition médicale a changé, parce que la personne a été réorientée ailleurs. On ne le sait pas, mais ce qui est encore plus révoltant c'est que le réseau lui-même ne le sait pas. C'est une information qui n'est pas colligée», déplore le député de La Peltrie, Éric Caire.

«300 000 personnes qui sont laissées dans la nature, sans avoir un suivi médical parce qu'on n'est pas en mesure de leur donner ce suivi, c'est proprement scandaleux à mon avis», s'indigne-t-il.

Éric Caire, député caquiste (Crédit photo: archives, Agence QMI)

La solution selon Gaétan Barrette

Le ministre Gaétan Barrette confirme qu'il est actuellement impossible pour le ministère de la Santé de compiler ces chiffres.

Lui-même n'est pas en mesure d'obtenir un portrait juste lui permettant de savoir exactement combien de personne sont reparties des urgences sans avoir reçu de soins ni pourquoi. Il se désole cependant que la CAQ «s'attarde aux chiffres plutôt qu'aux solutions».

«D'arriver et de dire que c'est un scandale, c'est de la petite politique. Pour moi ce n'est pas ça le scandale. Le scandale c'est que dans le réseau, on n'a pas accès à un médecin de famille. Rappelez-vous le projet de loi 20! C'est pour ça le projet de loi 20».

La législation déposée avant Noël oblige les médecins à voir plus de patients, sans quoi leur rémunération pourrait être diminuée jusqu'à 30%.

«Quand tout les médecins passeront de trois jours par semaine à cinq jours, là vous n'irez plus à l'urgence et on n'aura pas ces listes d'attente là et ça va se régler», ajoute-t-il.

«Ça lance un message que personne n'est en contrôle dans le réseau de la santé. On est dans un avion, mais il n'y a aucun instrument de vol, aucun instrument de contrôle. Le pilote est constamment à vue», conclut Éric Caire.