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L'Observatoire du Mont-Mégantic reste ouvert

Volte-face

L'Observatoire du Mont-Mégantic ne fermera pas ses portes, ont indiqué, à TVA Nouvelles, les bureaux des ministres fédéraux James Moore et Christian Paradis.​

Un peu plus tôt mercredi, on avait annoncé que l'étoile de l'Observatoire du Mont-Mégantic (OMM) cesserait de briller, le 1er avril, en raison de la fin d'une subvention fédérale.

«Je suis extrêmement frustré parce que l'Observatoire n'a jamais eu autant de succès», a dit son directeur René Doyon en entrevue au Journal de Québec. Pas moins de 20 000 personnes visitent les installations chaque année. Les retombées économiques, selon lui, dépassent les frais de fonctionnement.


(TVA Nouvelles)

La fermeture aurait été d'autant plus frustrante pour lui parce que l'OMM venait de subir une cure de jouvence de 5 millions $ ces six dernières années, avec l'achat d'équipements à la fine pointe. «Comme si l'on s'était payé une voiture neuve et qu'on n'avait plus d'essence à mettre dans la voiture.»

Mais «c'était malheureusement inévitable», avait alors souligné M. Doyon. Le télescope connaît des ennuis financiers depuis un bon moment. Il boucle son budget à l'aide des gouvernements fédéral et provincial, d'organismes scientifiques, de l'Université Laval et de l'Université de Montréal. La perte d'une subvention fédérale en 2008 a été un dur coup, mais la direction était parvenue jusqu'à maintenant à trouver quelques sous à gauche et à droite.

L'échéance d'une subvention de la Fondation canadienne pour l'innovation le 31 mars semblait sceller le sort de l'OMM. «C'est un fardeau financier que les universités ne peuvent pas absorber», a-t-il regretté. Il a fait part du manque récurrent de financement en novembre dernier au député de l'endroit, le ministre fédéral Christian Paradis. «Il avait fait preuve d'une certaine ouverture», a assuré M. Doyon, mais il n'a jamais eu de nouvelles de sa part.

Les employés de l'Observatoire ont collaboré aux premières photographies d'exoplanètes, en 2008, collaboré à l'observatoire Gemini à Hawaï, travaillé sur le télescope Canada-France-Hawaï et ils planchent sur l'un des quatre instruments qui composeront le télescope spatial James-Webb qui sera lancé par la NASA en 2018 pour remplacer Hubble.

Réactions

La porte-parole adjointe du NPD en matière de sciences et technologie, Laurin Liu, a dénoncé mercredi «des coupes irréfléchies» et a demandé au gouvernement fédéral de «préserver ce centre de recherche et de formation unique».

Le NPD a dit craindre les conséquences de ces compressions, notamment pour l'industrie touristique, puisque l'Observatoire «est au cœur de l'offre touristique de toute une région».

«La fermeture de l'Observatoire serait une catastrophe économique et scientifique dont l'ampleur dépassera de loin l'économie que les conservateurs tentent de réaliser ici», a ajouté le député néo-démocrate Jean Rousseau, qui représente la circonscription de Compton-Stanstead.

Le chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu, a qualifié pour sa part de «catastrophique» la fermeture de l'Observatoire, qualifié de «fleuron de la recherche scientifique québécoise».
«C'est notre expertise en astronomie qui en prend un coup. C'est notre capacité à mieux saisir l'univers mais ça intéresse moins le gouvernement Harper que le pétrole», a dénoncé Mario Beaulieu.

Selon le chef du Bloc, il s'agit «d'un autre coup dur pour la science au Québec» après, notamment, la fermeture de la bibliothèque de l'Institut Maurice-Lamontagne et les nombreuses compressions en recherche fondamentale et en sciences de l'environnement.

- Avec la collaboration de Pierre-Olivier Fortin

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