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UberX lancé à Québec

UberX lancé à Québec

TVA Nouvelles

Agence QMI

Après Montréal, le service taxi nouveau genre UberX s’amène à Québec, et ce, même s’il a été qualifié d’illégal par le ministère des Transports. Les chauffeurs pourront embarquer leurs premiers clients sur le coup de 10h jeudi.

Il y a un «très fort engouement» pour UberX à Québec, à en croire Jean-Nicolas Guillemette, directeur général d’Uber pour le Québec, qui a rencontré des journalistes mercredi dans un hôtel du Vieux-Québec pour leur présenter le service.

«Plusieurs centaines» de chauffeurs se seraient inscrits en quelques semaines. M. Guillemette s’est dit «très confiant» pour Uber à Québec puisque le service a déjà connu beaucoup de succès dans des villes de taille comparables et tout aussi étendues que la Capitale. À l’heure où la congestion est de plus en plus problématique à Québec, les gens apprécieront cette option supplémentaire dans l’offre de transport, qui est ici moins développée à Montréal en l’absence de métro ou de Bixi par exemple.

La demande pour Uber à Montréal est aussi très forte, si bien que l’entreprise s’est permis de baisser les prix. C’est donc dire que le service coûtera à Québec légèrement plus cher qu’à Montréal.

Le service de covoiturage coordonné sans intermédiaire à l’aide de téléphones intelligents sera offert entre l’aéroport et la chute Montmorency uniquement, pour l’instant, quoi les usagers pourront débarquer au-delà de cette limite. Outre les chauffeurs, Uber prévoit embaucher une quinzaine de personnes d’ici la fin de l’année à Québec.

Croissance phénoménale

Uber connaît une croissance phénoménale depuis sa création en 2009 à San Francisco. Montréal a été la 50e ville du monde à accueillir le service en novembre 2013 et le compteur dépasse maintenant 280. Sa croissance est à la hauteur de ses ambitions idéalistes. En offrant un service en moyenne 30 % moins cher que le taxi, fiable et sécuritaire — c’est le leitmotiv de l’entreprise que M. Guillemette a répété plusieurs fois — Uber fait le pari que des automobilistes se départiront de leurs voitures. Ou d’une des deux. Pour les autres, elle veut permettre à monsieur madame Tout-le-monde de s’inscrire comme chauffeur et de rentabiliser leurs véhicules qui restent stationnés 96 % du temps.

Uber ébranle les colonnes du temple partout où le service s’implante parce qu’il remet en question les règles du jeu. Les chauffeurs de taxi traditionnels, par exemple, y voient une concurrence déloyale parce que ceux-ci sont régis par une panoplie de règles, sans parler de leurs permis d’opération payés des dizaines de milliers de dollars.

C’est le volet commercial d’UberX qui dérange les autorités, et c’est la principale raison pour laquelle le service est illégal selon le Ministère. Mais Uber se voit plutôt comme un service de covoiturage.

«Dans l’œil de l’industrie du taxi, où il n’y a jamais eu de compétition, peut-être qu’ils voient ça comme quelque chose de perturbateur, mais la population le voit certainement comme une innovation», rétorque M Guillemette. Il a aussi rencontré le ministère des Transport, tout comme le maire Régis Labeaume, d’ailleurs, et le dialogue est ouvert, assure-t-il. Il presse les autorités à établir un nouveau cadre réglementaire pour «mettre le citoyen au centre, et non pas seulement l’industrie du taxi».

Les chauffeurs d’UberX à Québec prennent toutefois le risque de se voir imposer une amende ou même saisir leur véhicule par Contrôle routier Québec, qui, au contraire du Bureau du taxi de Montréal, est doté de ce pouvoir à l’extérieur de la métropole. M Guillemette admet que la possibilité existe, mais il serait surpris qu’elle se produise. Il assure cependant que «si jamais ça arrive, nous serons derrière nos chauffeurs. On va les soutenir financièrement et moralement.

Comment ça marche?

Uber n’est rien d’autre qu’une application mobile qui permet de mettre en relation un client et un chauffeur. En ouvrant l’application, le client voit les voitures à proximité avec le délai d’attente pour chacune. Il choisit une voiture et peut communiquer avec le chauffeur, dont il a le nom, la photo et le modèle de voiture. Il entre sa destination dans son téléphone et le chauffeur se met en route. À destination, le montant est débité automatiquement de la carte de crédit du client, si bien qu’il n’y a pas d’échange d’argent avec le chauffeur. Uber garde 20 % du total.

À la fin, le client donne une note au chauffeur et peut laisser des commentaires. Un suivi très serré permet de garder les standards très hauts, assure M. Guillemette. L’entreprise demande aussi une vérification d’antécédents criminels, du dossier de conduite et des rapports d’inspection des véhicules.