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Des brigades pour combattre Uber?

Transport illégal

Christopher Nardi | Agence QMI

Exaspérés par ce qu'ils qualifient d'inaction de la part du gouvernement contre le transport illégal, des chauffeurs de taxi envisagent de former des brigades pour repérer et signaler aux autorités les automobilistes qui travaillent avec Uber.

La semaine dernière, plusieurs centaines de taxis ont bloqué le boulevard René-Lévesque devant le bureau du ministre des Transports, Robert Poëti, pour exiger que celui-ci mette en place des règles spécifiquement contre Uber.

L'organisateur de la manifestation et le représentant des chauffeurs auprès du Bureau du taxi de Montréal (BTM), Wilson Jean Paul, donne maintenant deux semaines à Québec pour agir avant de passer à la prochaine étape.

Une des actions envisagées sérieusement par le représentant élu par les chauffeurs est d'assembler des escouades pour piéger les automobilistes qui prennent des clients avec Uber et UberX.

«Ça fait plusieurs mois qu'on dit aux chauffeurs de taxi qui font affaire avec Uber d'arrêter, mais ils disent non. Alors nous voulons former des brigades pour attraper les gens qui travaillent pour Uber et [...] les signaler au BTM et la police pour qu'on saisisse leur voiture», a révélé au journal 24 Heures M. Jean Paul.

Le but ultime serait d'aider les six inspecteurs employés par le BTM à identifier les automobilistes qui font du transport illégal et faire saisir leurs véhicules. «Mais nous allons nous assurer d'être conformes aux lois», a rajouté le chauffeur.

Le projet devra être approuvé par un comité de plusieurs représentants de l'industrie du taxi, mais l'organisateur dit que l'idée reçoit déjà un appui fort parmi les chauffeurs.

Arrêt de service envisagé

Après la manifestation, M. Jean Paul dit qu'un arrêt de travail de presque tous les taxis est également envisageable si la Ville de Montréal et le ministre Poëti n'agissent pas «fortement» contre le transport illégal.

Seuls les véhicules qui assurent un service considéré «essentiel», comme le transport adapté ou le transport médical, continueraient à travailler.

Dès mardi matin, la plupart des taxis de Montréal arboreront un foulard jaune et distribueront un feuillet aux clients dénonçant le transport illégal.

«Les pouvoirs publics ont souvent répété l'importance de contrer le transport illégal. Il faut désormais passer davantage de la parole aux actes», a affirmé par communiqué le président du CPCDIT, Dory Saliba.