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Des syndicats saluent la démission d'Yves Bolduc

Québec

En quittant ses fonctions de ministre de l'Éducation, jeudi, Yves Bolduc «se sauve la face, pour le peu de face qui lui reste», selon la CSN, alors que la CSQ parle d'une «démission salutaire».

Si la présidente de la CSQ, qui représente les enseignants, «salue son courage» à la suite de sa démission, Louise Chabot n'est pas tendre en parlant du bilan du ministre. «Il avait une vision qui nous semblait très faible, pour ne pas dire une méconnaissance et un manque de jugement important par rapport aux préoccupations en éducation». Elle parle même d'une «omerta» qui régnait sur les plans d'avenir du ministère.

Cette démission témoigne de «l'improvisation 101 du gouvernement libéral en éducation et dans plusieurs secteurs», alors que celui-ci ne cherche qu'à atteindre le déficit zéro «à tout prix» a poursuivi Mme Chabot. N'empêche, «c'est salutaire que le ministre Bolduc ait fait ce choix», a-t-elle mentionné.

Mme Chabot croit qu'il est «difficile d'avoir une vision si le gouvernement ne donne pas un élan». Elle espère que son successeur saura «se tenir debout» et «partager sa vision avec ses collègues».

Ce n'était qu'une «question de temps» avant que le premier ministre Philippe Couillard le retire, croit pour sa part Anne Gingras, présidente régionale de la CSN pour les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches. Le Dr Bolduc pourrait très bien «retourner médecin, on est en pénurie» suggère la syndicaliste, «ç'a l'air que le monde l'aimait», a-t-elle ajouté lorsque jointe par téléphone. Quelques minutes plus tard, le principal intéressé a annoncé que le retour à la pratique médicale était précisément son intention.

Si Yves Bolduc était apprécié comme médecin - même si la réclamation de son bonus avait suscité une polémique - on ne peut en dire autant pour son travail de ministre. «C'est clair que comme politicien, il en arrache. Il a été assez malmené, pour l'ensemble de son œuvre», a noté Mme Gingras alors qu'elle se trouvait jeudi matin dans une manifestation contre les réformes du ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Pour la CSN, «c'est clair qu'il n'a pas la note de passage», que son règne à l'éducation est un «lamentable échec». Mme Gingras cite entre autres l'épisode des livres dans les bibliothèques d'écoles en rappelant la déclaration de M. Bolduc voulant qu'aucun «enfant ne va mourir» si une école n'achète pas de nouveaux livres.

Ses dossiers, il les «possédait mal», selon Mme Gingras, mais il était aussi «aux prises avec toutes ces mesures d'austérité». Sa démission montre ainsi une «désolidarisation» et un malaise au sein du caucus par rapport à toutes les récentes compressions en éducation, en santé, et dans les régions. Ce gouvernement «prend tous les moyens possibles pour atteindre ses objectifs de déficit zéro, même si ça cause des victimes».

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