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Les Premières nations et les écologistes contre C-51

Loi antiterroriste

Le grand chef des Premières nations canadiennes, Perry Bellegarde, a averti jeudi le gouvernement conservateur que les autochtones s'opposeraient «vigoureusement» à son projet de loi antiterroriste C-51 s'il n'était pas retiré, le jugeant «antidémocratique».

«En raison de notre histoire, les Premières nations savent mieux que quiconque combien il est facile pour les gouvernements d'ignorer, d'affaiblir et d'éliminer nos droits et libertés les plus fondamentaux", a-t-il déclaré devant le comité parlementaire étudiant ce projet de loi qui vise à confier des pouvoirs élargis aux services de renseignement.

«J'appelle le gouvernement à retirer cette loi et à consulter comme il se doit les Premières nations», a ajouté le leader des autochtones (1,4 million de personnes, 4,3% de la population canadienne).

Disant être en accord avec les exigences de sécurité, M. Bellegarde déplore «l'empressement du gouvernement fédéral à imposer cette loi, bien qu'elle soit antidémocratique et qu'elle viole (les) droits individuels et collectifs" des Premières nations.

Ce projet de loi antiterroriste, contesté par une partie de l'opposition, doit permettre un meilleur échange d'informations entre les agences de renseignement et autoriser la surveillance des communications des individus et groupes jugés menaçants pour la sécurité nationale.

Selon le Commissaire parlementaire à la protection de la vie privée, si la loi est adoptée en l'état, «tous les citoyens seront pris dans cette toile, pas seulement ceux soupçonnés de terrorisme« et les agences de renseignement «auront des pouvoirs pratiquement illimités en matière de contrôle et de profilage des Canadiens ordinaires».

Or, dans un rapport confidentiel récemment publié dans la presse, la police fédérale s'inquiétait que l'exploitation des matières premières au Canada «constitue une des premières préoccupations de nombreuses communautés indigènes». La Gendarmerie royale souligne ainsi que les mouvements d'opposition à l'exploitation pétrolière menés par les écologistes et les Amérindiens constituent une «menace croissante» à la sécurité du Canada.

«Nous avons été classés terroristes, car nous nous sommes portés à la défense de nos droits, de nos terres, de nos eaux», a lancé Perry Bellegarde au comité parlementaire.

«Nous sommes des pacifistes mais nous repousserons les atteintes à nos libertés les plus élémentaires», a assuré le chef des Amérindiens, avant de conclure: «Les Premières nations s'opposeront vigoureusement à toute loi qui ne respecterait pas et ne protégerait pas nos droits».

Écologistes inquiets

Depuis son dépôt, le projet de loi antiterroriste des conservateurs est attaqué de toutes parts.

Les militants environnementaux qui se prononcent contre les projets pétroliers craignent notamment d'être étiquetés comme des menaces à la sécurité du pays.

Selon Greenpeace, les Canadiens pourraient y penser à deux fois avant de signer une pétition ou participer à une manifestation, par exemple, contre un projet énergétique. Mais les conservateurs répondent que les Canadiens n'ont rien à craindre.

-Avec la collaboration de Michelle Lamarche

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