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Des gens d'affaires demandent à Harper d'abandonner C51

Loi antiterroriste

Des gens d'affaires demandent au premier ministre Stephen Harper d'abandonner le projet de loi antiterroriste dans sa forme actuelle pour le retourner sur la planche à dessin.

Une soixantaine de dirigeants d'entreprise et d'investisseurs canadiens ont signé une lettre dans laquelle ils expriment leurs inquiétudes devant le projet de loi C-51. Selon eux, il a «le potentiel de causer des torts irréparables à l'économie numérique» et risque d'ébranler la confiance envers le Canada à l'échelle internationale.

«Le système juridique et les droits qu'il accorde aux citoyens est l'un des avantages les plus précieux du Canada. Les consommateurs et les entrepreneurs se fient à ces droits pour brasser des affaires, faire croître l'économie et établir des contacts. Toute loi qui affaiblit cet avantage déprécie notre valeur en tant que pays, et elle doit donc être écrite avec le plus grand soin», a expliqué Michael Tippett, fondateur de Wantoo Network, une compagnie de création de sites web.

Cette loi permettrait d'accorder des pouvoirs supplémentaires au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans la lutte au terrorisme. Il serait aussi possible de supprimer des sites internet dont le contenu serait interprété par les autorités comme faisant l'apologie du terrorisme.

«Ce projet de loi va broyer l'ingéniosité et l'innovation, forçant des gens à investir ailleurs», a signalé Susan McLennan.

Les signataires comprennent le rôle du gouvernement de protéger le public, alors que planent les dangers du terrorisme, mais il importe aussi, disent-ils, de préserver un équilibre avec des valeurs de tolérance et d'ouverture propres au Canada. Ils estiment que dans sa forme actuelle, C51 pourrait miner le climat des affaires au pays.

Dans un courriel, Jean-Christophe de Le Rue, porte-parole du ministre de la Sécurité publique Steven Blaney, a indiqué que «le premier devoir d'un gouvernement est de protéger la sécurité de ses citoyens».

Cela peut aller jusqu'à mettre fin aux activités numériques qui feront la promotion de contenus à connotations terroristes. De plus, écartant les autres critiques liées à l'environnement d'affaires au sens large, le porte-parole a défendu le bien fondé de C51 en réitérant l'objectif premier du projet de loi.

«Notre gouvernement ne s'excusera jamais de bloquer la propagande djihadiste. En fait, si les sites web qui offrent des services d'hébergement, ou d'autres entreprises, bénéficient de la promotion de ce type de matériel horrible, ils devraient sérieusement reconsidérer leur modèle d'affaires et leur manque d'engagement envers les valeurs canadiennes», a expliqué M. de Le Rue.