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La violence policière soulève «des questions troublantes» selon Obama

Baltimore

Agence France-Presse

Barack Obama a condamné mardi les violences à Baltimore et estimé qu'il n'y avait «aucune excuse» pour ces événements, mais a aussi convenu que les États-Unis étaient confrontés à une crise latente avec la police, notamment dans ses relations avec les Noirs.

«Nous avons vu trop d'exemples d'interactions entre la police et...des gens, surtout des afro-américains, souvent pauvres, qui soulèvent des questions troublantes», a-t-il dit à l'occasion d'une conférence de presse à la Maison-Blanche.

«Je pense qu'il y a des département de police qui doivent faire de l'introspection. Je pense qu'il y a des communautés qui doivent faire de l'introspection. Je pense que nous, en tant que pays, devons faire de l'introspection.»

Le président américain réagissait aux violences qui ont tourné à l'émeute lundi après-midi à Baltimore, peu après la cérémonie d'hommage et d'inhumation de Freddie Gray.

Ce jeune Noir de 25 ans est mort dans des conditions encore floues des suites de ses blessures une semaine après avoir été arrêté et embarqué dans un fourgon de police.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les conditions dans lesquelles il a été blessé aux vertèbres cervicales et ce qui a causé sa mort, mais de nombreux habitants de la ville, et plus largement aux États-Unis, estiment qu'il ne s'agit que du dernier exemple en date des brutalités policières auxquelles ils sont régulièrement confrontés.

«C'est une crise latente qui est présente depuis un long moment. Ce n'est pas nouveau. Et on ne devrait pas prétendre que c'est nouveau», a poursuivi Barack Obama, en référence aux nombreux cas de violences policières envers des Noirs, souvent non-armés, qui ont fait grandir la colère de cette communauté ces derniers mois.

Il a également affirmé que si le pays veut résoudre ce problème qui empoisonne la société américaine, il doit non seulement repenser la formation de sa police, mais aussi son système éducatif et envisager une réforme de la justice.

«Cela demande plus que de simples compte rendus médiatiques ou des groupes de travail», a-t-il ajouté.

Lundi, de nombreux jeunes, dont des lycéens qui semblaient tout juste sortir de l'école, s'en sont pris aux forces de police stationnées dans la ville en lançant briques, cailloux, bâtons ou encore bouteilles. Ils ont également pillé des commerces et incendié des voitures.