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Consigne des bouteilles de vin : les détaillants s’opposent vivement

Courtoisie

La possibilité que le gouvernement Couillard impose une consigne sur les bouteilles de vin fait pester les détaillants en alimentation, qui estiment que  Québec met la charrue devant les bœufs.

Jeudi, des médias ont rapporté que le ministre de l’Environnement David Heurtel déposerait au cours des prochains mois un projet de loi obligeant la Société des alcools du Québec et les détaillants en alimentation à récupérer les quelque 200 millions de bouteilles de vin vendues au Québec.

Du coup, il imposerait une consigne de 20 à 25 cents la bouteille de 750 ml.

Le ministre opterait pour l’installation de gobeuses qui peuvent différencier le verre transparent du verre teinté. Si les premières intéressent les recycleurs, les deuxièmes finissent habituellement dans les sites d’enfouissement, parce qu’elles ne valent rien.

Vendredi, le ministre a confirmé que le gouvernement planchait sur une réforme de l’ensemble de ses programmes en matière de récupération et de recyclage.

«Nous sommes en train de regarder plusieurs scénarios. Les gobeuses (pour les bouteilles de vin) sont l’un des moyens parmi tant d’autres que nous étudions, il n’y a pas de décision de prise», a-t-il affirmé à TVA Nouvelles.

Qu’à cela ne tienne, les détaillants n’y voient que du feu.

L’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA) dénonce le fait qu’elle n’a pas été du tout consultée, alors que le modèle à l’étude affecterait «directement» les marchands.

«Ce qui est proposé, c'est d'implanter la consigne et de seulement en analyser les impacts après», s’insurge Florent Gravel, président-directeur général de l'ADA.

Alors que les détaillants en alimentation sont les seuls à exploiter des gobeuses pour les cannettes et les bouteilles de boissons gazeuses, «personne n’est venue voir la réalité de nos commerces, constater l'espace, les coûts et le personnel nécessaire pour de pareilles opérations», souligne-t-il.

«Qui va assurer l’entretien de ces machines ? Qui paiera pour l’aménagement dans nos installations ou dans nos stationnements ? Qui paiera pour l’énergie, la propreté, la sécurité des sites», s’interroge M. Gravel, pour qui le modèle que semble privilégier le gouvernement «semble totalement improvisé».

Bref, les détaillants refusent de se voir refiler la facture, alors qu’ils assument déjà «une charge déjà démesurée».

Pour Karel Ménard, directeur du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, les coûts ne doivent pas constituer un obstacle à l’instauration d’une nouvelle consigne.

«Le principe de la consigne, c’est un système qui ne coûte rien à l’État ou aux consommateurs. C’est un système qui doit s’autofinancer. Si les taux de récupération sont plus élevés que prévu, les producteurs doivent en assumer les coûts», avance-t-il.