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Francis Boucher retourne en prison

Libéré après une suite d'erreurs

Le fils de Maurice «Mom» Boucher a été libéré de prison à la suite d'une succession d'erreurs de la part des services correctionnels, a-t-on appris ce jeudi lors de son enquête sur remise en liberté.

«Il y avait beaucoup de travail, (les agents) étaient débordés, ce n'était peut-être pas le climat de travail idéal ce matin-là», a expliqué l'enquêteuse Sandra Pigeon de la Sûreté du Québec.

Une comédie d'erreurs s'est jouée le 23 mai dernier à la prison de Bordeaux. Un autre Boucher, Stéphane, devait être remis en liberté d'urgence, puisque les services correctionnels s'étaient aussi trompés sur sa date de sortie.

«Il faut qu'il sorte le plus rapidement possible, il est en détention illégale», aurait dit une agente à un collègue.

Empressement coûteux

Selon l'enquêteur, un agent a rapidement sorti la fiche d'identification du détenu, mais dans l'empressement, il n'a pas vérifié le prénom sur la fiche.

«Les cartes sont classées par ordre alphabétique, il a pris la première qui était celle de Francis Boucher», a expliqué l'enquêteuse.

Plutôt que d'aller chercher celui qui devait sortir, les services correctionnels ont été chercher le fils de l'ancien chef des Hells Angels. Dans l'empressement de libérer le détenu, l'agent n'a pas fait de vérification supplémentaire.

«Francis Boucher ne semblait pas être au courant de sa libération», a ajouté l'enquêteur.

Le fils de «Mom» a signé un papier pour récupérer les effets personnels de son homonyme et il s'est fait escorter jusqu'à la sortie. Fait à noter, un agent des services correctionnels a contresigné le document, sans se rendre compte que la signature de Francis Boucher ne correspondait en rien avec celle du bon détenu.

Après avoir traversé les grandes portes, il a fait des signes vers la prison, comme pour lui dire «au revoir».

Les agents des services correctionnels ont pris 20 minutes pour se rendre compte de l'erreur, mais il était trop tard. Boucher s'est finalement rendu après une traque de quatre jours.

Francis Boucher affirme s'être rendu compte qu'il était en liberté illégale après deux jours.

«Je me suis dit que c'était une erreur», a-t-il dit aux policiers.

Rien n'indique qu'il y ait eu complicité d'un agent.

Accusé

Boucher a finalement été accusé d'évasion, de liberté illégale et de supposition de personne. L'accusé, qui purge présentement une peine de 117 jours de prison dans une affaire de menaces contre des policiers, espère toutefois être remis en liberté sous conditions dans son dossier d'évasion.

Lors de l'audience de ce jeudi au palais de justice de Montréal, il a expliqué qu'il irait vivre dans la maison familiale de Contrecoeur. Il compte aussi passer ses cartes de compétence pour décrocher un emploi dans la démolition.

Mais la Couronne s'oppose vivement à la libération. Selon Me Éric de Champlain, Boucher savait très bien, dès le début, qu'il était remis en liberté par erreur.

«Là où le bât blesse, c'est quand on lui a remis les effets personnels, a expliqué le procureur. M. Boucher était entré deux semaines plus tôt sans rien. Il s'est approprié une libération qui n'est pas la sienne.»

Me Dimitrios Strapatsas de la défense, de son côté, a rappelé que son client s'était rendu volontairement aux policiers.

Le juge Thierry Nadon a finalement refusé de remettre Francis Boucher en liberté sous caution.