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L'héritage d'un jeune handicapé dilapidé

BUREAU D'ENQUÊTE

TVA Nouvelles

Un conseiller financier sans scrupule aurait caché et dilapidé l'héritage d'un enfant handicapé descendant d'une riche famille, a appris notre Bureau d'enquête.

Le père de Simon Brodeur était le descendant d'une riche famille de Montréal. Il est le petit-fils de l'ancien lieutenant-gouverneur du Québec Louis-Philippe Brodeur du temps de Wilfrid Laurier.

Il n'a jamais travaillé, en raison de la fortune dont il avait hérité, et voulait que sa famille soit bien.

Après le décès du patriarche en 2007, la mère de Simon et son fils maintenant âgé de 23 ans, mais qui a l'âge mental d'un garçon de 4e année, ne devaient manquer de rien.


(Crédit photo: TVA Nouvelles)

Un accident d'auto quand Simon avait deux ans l'a laissé avec des séquelles permanentes et un besoin constant d'encadrement.

Sa mère a dû quitter son emploi pour prendre soin de son fils et ils ont tout juste assez d'argent pour subvenir aux besoins de Simon.

C'est que l'héritage du père et de son grand-oncle a été géré par une firme en fiducie qui en aurait gardé une partie, selon ce qu'allègue la mère dans cette requête déposée en cour supérieure.

Elle réclame notamment la reddition complète et détaillée des comptes, un changement de fiduciaire, de même que 500 000$ en dommages et intérêts.


(Crédit photo: TVA Nouvelles)

«Il m'a dit: "Quand je ne serai plus là, toi et ta mère vous allez être corrects", raconte Simon. C'est bizarre, on n'est pas correct.»

À ce jour, le jeune homme de 23 ans n'aurait reçu qu'une partie de ce que son père lui a légué.

Selon cette requête déposée en Cour supérieure, la mère et tutrice légale de Simon allègue que le reste aurait été caché et dilapidé par une tante sans scrupule et la firme chargée de gérer son argent, soit la firme David Bush et associés, située rue Sherbrooke à Montréal.

«C'est une grosse machine qui est contre nous. Je ne peux pas dire que la bataille est finie. Il a le droit de savoir ce que son père lui a laissé et l'inventaire au décès», affirme Johanne Ponton, la mère de Simon.

Mais ce n'est pas tout. Le grand-oncle de Simon mort en 2008 lui a légué la somme considérable d'un million de dollars sans même qu'il le sache. Sa mère et lui n'ayant jamais été invités à la lecture du testament.

«C'est à la lecture du testament que j'ai appris que Simon avait hérité d'un million de dollars de cet oncle-là. Ç'a soulevé un gros manque de confiance envers les fiduciaires, et des inquiétudes», conclut-elle.

Crainte de réprésailles

La mère de Simon dit craindre des représailles de la part depuis qu'elle a commencé à poser des questions sur l'administration de la fortune de son fils.

En janvier 2014, les mensualités versés à Simon ont été réduites sans explication par les fiduciaires de Simon.

Les montants versés à Simon ont été réduits de 3000 à 1425$ par mois. Selon elle, ces réductions ont déjà occasionné un stress considérable. «Simon a de la misère à dormir, il faut couper sur tout», dit-elle.

L'entraîneur qui avait été engagé pour sa réadaptation ne peut plus être payé.

Elle-même ne peut pas travailler à temps plein parce que Simon demande trop d'encadrement.

Selon la loi, le fiduciaire David Bush a le droit de puiser dans la fiducie qu'il administre pour se défendre contre les procédures entreprises contre lui.

«Il veut nous épuiser avant que les recours aillent au bout», nous a-t-elle dit au téléphone, au bord des larmes.

- Avec la collaboration de Jean-François Cloutier