/regional/montreal/montreal

Des groupes s'élèvent contre le tourisme sexuel

Grand Prix de Montréal

Le Grand Prix de Montréal carbure aux stéréotypes. Des milliers de femmes seraient victimes d'exploitation sexuelle pendant cette fin de semaine. L'une d'elles, Shanie Roy, avait 16 ans lorsqu'elle a été recrutée par une agence d'escortes.

«Je terminais mon secondaire 5, donc c'est clair que... je veux dire c'est vraiment quelque chose qu'on te fait miroiter, comme avoir de l'argent», dit celle qui fait maintenant partie du Collectif d'aide aux femmes exploitées sexuellement.

«J'ai été de diverses façons aussi dans l'industrie du sexe et, évidemment, le Grand Prix, on en entend toutes parler dans l'industrie, que c'est une opportunité en or», témoigne Rose Sullivan, cofondatrice du Collectif avec Shanie Roy.

«Des groupes qui font la promotion de l'industrie, eux, en parlent en disant que ça fait partie des risques du métier, les viols et la violence...», poursuit-elle.

(Capture d'écran TVA Nouvelles)

Shanie Roy ajoute: «Pendant cette fin de semaine là, avec une fausse carte, une agence d'escortes était bien contente d'avoir de la chair fraîche à offrir.»

Le Collectif s'associe à d'autres groupes pour s'opposer au tourisme sexuel. Depuis décembre dernier, la loi canadienne criminalise pourtant l'achat et la vente des services sexuels d'autrui.

À Montréal, des centaines d'entreprises offrent des services sexuels. La Ville aurait le pouvoir de révoquer leurs permis.

«La Ville de Montréal, le maire Coderre, lors de son élection a déclaré qu'il ferait de Montréal une zone de tolérance zéro pour l'exploitation sexuelle. Nous n'avons vu aucune action qui aurait suivi ces paroles-là», souligne Diane Matte, de la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle.

D'autres villes, telles Toronto et Windsor, ont adopté des mesures concrètes pour enrayer l'exploitation sexuelle. À Montréal, des groupes tiendront une manifestation au carré Phillips samedi après-midi, en pleines festivités du Grand Prix.

- D'après un reportage d'Andrée Ducharme