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La surveillance des barrages pleine de «trous»

Commissaire au développement durable

Charles Lecavalier | Agence QMI

Près de 20 ans après le déluge du Saguenay, la surveillance des 5900 barrages qui contrôlent le débit des rivières du Québec est pleine de «trous», avertit le Commissaire au développement durable, qui lance l'alerte.

«Si vous demeurez à côté d'un barrage, assurez-vous de poser les questions aux autorités pour s'assurer que votre barrage est prêt à subir les crues printanières ou des coups d'eau qui peuvent être occasionnés au cours de l'année», a averti Jean Cinq-Mars en conférence de presse, mercredi, peu après le dépôt de son rapport 2015-2016 à l'Assemblée nationale.

Le rapport est accablant. Le ministère «ne parvient pas à assurer l'entretien» des barrages sous sa responsabilité. Il ne fait qu'une trentaine d'interventions d'entretien par année, alors que 300 d'entre elles «sont prioritaires quant à la sécurité».

Près de 20 % des 758 barrages du gouvernement ne sont pas dotés de plan d'urgence. La préparation du personnel affecté à la gestion des situations d'urgence est insuffisante.

C'est sans parler des barrages qui n'appartiennent pas au gouvernement du Québec. Aux échéances réglementaires, le ministère n'a reçu que 10 % des dossiers d'évaluation de sécurité. Pour près du quart des barrages, «il n'a toujours rien reçu six ans après».

Le commissaire «ne croit pas que la sécurité du public est prise à la légère» par le ministre de l'Environnement, responsable de l'application de la Loi sur la sécurité des barrages, mais il lui demande de revoir entièrement sa gestion.

«On ose espérer que ces lacunes seront comblées le plus rapidement possible», a-t-il ajouté.
«Les barrages, il faut bien les entretenir, il faut avoir une bonne connaissance de leurs capacités de résister à des inondations», a noté M. Cinq-Mars.

Heurtel prend acte

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a immédiatement réagi au dépôt du rapport en annonçant la mise en œuvre d'un «plan d'action rigoureux» pour améliorer la gestion des barrages. Il a signifié que le centre d'expertise hydrique relèvera désormais directement de la sous-ministre.

«Nous avons l'obligation de nous assurer que la Loi sur la sécurité des barrages soit appliquée et respectée de manière intégrale et c'est ce que nous ferons», a dit M. Heurtel.