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L’éolien a été mal géré par Hydro, dit l’ex-ministre Breton

Archives Agence QMI

Une journée après la diffusion de l’entrevue bilan que Thierry Vandal a accordé au magazine Forces, l’ex-ministre de l’Environnement Daniel Breton déboulonne les arguments du président sortant de la société d’État et croit que le développement de l’éolien a été bâclé.

Dans son entrevue, M. Vandal a défendu la décision d’aller de l’avant avec le développement de l’éolien, mais a affirmé que cette ressource n’est plus «rentable» et s’est questionné sur son avenir.

Mais selon M. Breton qui a été ministre et responsable de l’électrification des transports dans le gouvernement Marois, Hydro-Québec aurait pu mieux développer cette ressource et même la rentabiliser.

«Hydro aurait pu signer un partenariat avec Siemens en 2005. L’entreprise voulait développer 4 milles mégawatts et investir 4 milliards $. On promettait 2500 emplois à temps plein pour installer des infrastructures qui allaient servir toute l’Amérique du Nord. Mais M. Vandal et l’équipe de direction ont dit non à un partenariat aussi payant que cela», a estimé M. Breton en entrevue à la chaîne Argent.

Selon lui, l’énergie éolienne aurait pu être produite alors à 5 à 6 cents le kwh alors que le prix actuel dépasse les 10 cents le kwh. Cet écart entre le prix de production et le prix de revente (vers 3 cents le kwh) se répercute sur la facture des clients a toujours soutenu Hydro-Québec.

«Je pense que ce n’est pas la faute de l’éolien, mais c’est la façon dont l’éolien a été géré par Hydro-Québec. (…) Au bout du compte, l’éolien a le dos large car on ne parle pas des autres erreurs qui ont un impact sur la facture. On ne parle pas du fait qu’on a dépensé 1 milliard $ pour fermer Gentilly-2 ou qu’on a payé 1,5 milliard $ pour conserver la centrale de TransCanada fermée», a-t-il souligné. 

Selon lui, Hydro-Québec a aussi manqué le bateau en ne développant pas des joueurs locaux dans le domaine de l’éolien.

«Il y avait une division éolienne à l’Institut de recherche d’Hydro-Québec. Et le président disait qu’ils n’avaient pas l’expertise. Tu ne peux pas être président et dire une phrase pareil», a pesté M. Breton.

Un bilan peu reluisant

Sur la question d’une privatisation partielle d’Hydro-Québec qui a été évoquée par M. Vandal dans son entrevue, l’ancien ministre a tiré à boulets rouges sur l’idée.

«Si le peuple a décidé de nationaliser Hydro-Québec, ce serait au peuple de décider de privatiser. Ce n’est pas une personne ou même au premier ministre à le faire. Des déclarations comme cela, je trouve cela irresponsable», a dit M. Breton.

Sur son règne de 10 ans, M. Breton trouve peu de raisons de se réjouir. 

«Pendant qu’il était président, on a vendu notre expertise dans le secteur des batteries, on a cédé nos droits d’exploitation et d’exploration pétrolière, on voulait acheter Hydro Nouveau-Brunswick malgré les difficultés de la centrale de Pointe-Lepreau, le dossier des compteurs a été un cafouillage», a-t-il énuméré.

Il concède que durant son mandat, le dividende d’Hydro-Québec s’est haussé considérablement, mais selon lui, «cela s’est fait à coups de hausses de tarifs». Durant ce temps, c’est l’image d’Hydro-Québec qui s’est dégradé.

«Mais je le dis : il y a de l’audace chez Hydro, j’ai rencontré plein d’employés qui se dépassent à chaque jour. Mais la direction a souvent pris de mauvaises décisions lors des dernières années», a-t-il conclu.