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150 000$ d'économies en faisant les trottoirs à l'interne

Rosemont-La Petite-Patrie

Améli Pineda

L'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie a économisé près de 150 000 $ l'an dernier en confiant les réparations de trottoirs aux cols bleus.

Selon les calculs de l'arrondissement, la réparation de portions de trottoirs détériorés lui a coûté 683 746 $, soit près de 18 % moins cher qu'au privé.

Ce montant comprend non seulement le coût de main-d'œuvre, mais aussi celui de l'acquisition de l'équipement et des matériaux.

Rosemont aurait dû débourser 830 719 $ s'il avait plutôt octroyé un contrat à une entreprise spécialisée dans la réfection de trottoirs.

Flexibilité

Vendredi, le maire François W. Croteau présentera son premier bilan des travaux effectués à l'interne.

Son objectif, dit-il, est de non seulement démontrer que cette façon de faire peut engendrer des économies, mais qu'elle permet aussi d'être plus productif.

«Lorsqu'on est sur une rue pour une intervention et qu'on voit qu'à quelques mètres, il y a un bout de trottoir à réparer, on peut le faire, a dit M. Croteau. On peut se permettre cette flexibilité qu'une entreprise n'a pas parce qu'elle va respecter ce qui est écrit dans son contrat.»

Bien qu'il estime que la Ville a recours trop souvent à l'externe, M. Croteau assure que son but n'est pas de confier tous les travaux aux employés.

«Ce que je dis c'est qu'il faut un équilibre, a souligné M. Croteau. On a besoin du secteur privé, mais il ne faut pas en redevenir dépendant comme ça été le cas dans le passé.»

«Cartel des trottoirs»

Les révélations de corruption dans l'industrie de la construction, particulièrement le cartel des trottoirs, ont motivé le maire de Rosemont à revoir les façons de travailler. M. Croteau n'est pas le seul maire à confier à ses cols bleus des travaux qui étaient auparavant confiés à des entreprises.

En 2012, l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension est devenu le premier arrondissement a confié la réfection de ses trottoirs à ses employés cols bleus.

Inquiétude

S'il entend continuer à miser sur des travaux effectués à l'interne, le maire Croteau se dit inquiet par la capacité des arrondissements de recourir à ses employés.

L'an dernier, la Ville de Montréal a annoncé une réduction de 2400 employés d'ici 2018.

«L'administration du maire Coderre veut faire des économies en coupant dans le nombre d'employés, a ditM. Croteau. Il faut faire attention, car il y a des secteurs où ces coupes pourraient se traduire par un retour à la dépendance au privé.»