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De gros changements pour le courtage immobilier ?

TVA Nouvelles

Courtoisie

L'aide à la vente d'une maison, qui prend la forme d'entreprises comme DuProprio, est là pour rester. Le gouvernement du Québec envisage des réformes qui pourraient ne pas plaire à tout le monde.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, a déposé son Rapport sur l'application de la Loi sur le courtage immobilier mercredi.

«L'industrie est à la croisée des chemins», note le ministre Leitao, qui remarque qu'il y aura toujours des propriétaires voulant vendre leurs maisons eux-mêmes.

La loi ne définit pas le courtage immobilier. Par contre, le régime confie son encadrement exclusif l'Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ).

Le ministre se demande s'il doit fournir une définition. Il pourrait réserver certains gestes aux courtiers et leur permettre d'offrir des services à la carte.

Il pense aussi à élargir la loi aux services d'assistance comme DuProprio. Leurs conseillers pourraient être soumis à une formation de base, à l'obtention d'un permis et voir leurs services couverts par un fonds d'indemnisation en cas de fraude.

L'OACIQ risque elle aussi d'affronter des changements. Québec songe à réduire ou mettre fin à son pouvoir d'encadrement, sinon à nommer son PDG. Le rapport soutient que l'organisme semble défendre les intérêts des courtiers et non seulement faire l'encadrement.

Pourquoi agir maintenant ? Parce qu'un peu moins d'une propriété sur cinq (17%) est inscrite sur DuProprio et que le marché ne semble pas près de changer.

C'est logique avec l'utilisation d'Internet, indique le développeur immobilier Martin Provencher. «Les gens ont le réflexe de faire une bonne partie du travail devant leur écran, dans le confort de leur foyer. On élimine des étapes et du temps de recherche sur le terrain.»

D'autre part, les services d'assistance ont une utilité réelle, dit M. Provencher. «Un courtier d'expérience qui peut vous apprendre quelque chose, a un cercle d'affaires et connaît bien le secteur peut vous être bénéfique. Par contre, ce qui est malheureux est que certains courtiers n'en savent pas beaucoup plus que les acheteurs.»

Martin Provencher estime que les courtiers ont été trop gourmands, ce qui a permis l'essor de DuProprio. «Les commissions n'ont pas bougé, s'élevant souvent de 5 à 7%, mais les prix des maisons ont explosé. Ça commence à donner des prix importants. On sent que dans cette industrie-là, il y a un besoin de trouver de nouvelles formules.»

En 2014, 70 686 résidences ont été vendues au Québec. Il s'agit d'un recul important comparativement aux 80 000 transactions enregistrées en 2010. L'industrie comptait 14 867 courtiers et 1262 agences l'an dernier.