/news/homepage

Les frais accessoires dérangent

Cliniques médicales

Les frais accessoires que les patients devront payer dans les cliniques médicales publiques soulèvent beaucoup d'inquiétude. C'est un système de santé à deux vitesses auquel il faudra pourtant s'habituer, parce que le gouvernement n'a pas les 50 millions de dollars annuels supplémentaires qu'il faut pour répondre à la demande.

Prenons par exemple ce médecin spécialiste qui est propriétaire de sa clinique médicale de Montréal, où il pratique chaque année près de 1000 coloscopies. Il doit payer ses installations, six employés et tout son matériel.

«Des endoscopes neufs, comme ça, ça coûte 40 000$», de dire le Dr Jaimes Serge Benhamron.

Ses actes médicaux sont rémunérés par la Régie de l'assurance maladie. Comme la loi l'empêche de facturer le coût d'utilisation des équipements médicaux qu'il a achetés, il se rembourse en exigeant chaque fois des patients des frais de 500$ pour les médicaments utilisés, des médicaments qui, en réalité, coûtent une vingtaine de dollars.

Dorénavant, à cause de leur nouveau code de déontologie, les médecins n'auront plus le droit d'imposer de tels frais déguisés. Ce sera la même chose en ophtalmologie, par exemple.

«La goutte à 200 dollars, ça, le 200$, il servait à payer autre chose. La goutte, elle va être payée le vrai prix, là, qui va peut-être être, je ne le sais pas, admettons 2$. Et ce qui est en arrière, bien, on va évaluer le prix avec une firme externe. Ça va être le coûtant, plus 10 à 15 %, point», explique le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Les patients paieront donc autant, ce que dénonce la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles.

«Est-ce que ce n'est pas une taxe déguisée, encore une fois? Ça, le ministre, je ne comprends pas ou il va chercher sa logique là-dessus. Pour moi, c'est du gros délire», déplore Stéphane Defoy.

Viviane Freedman a 70 ans. Il y a deux ans, elle s'est présentée à l'Hôpital général juif pour subir une coloscopie. Elle a été placée sur une très longue liste d'attente. Son rendez-vous est prévu pour 2018.

Le gastroentérologue a cependant fait savoir que si elle paie 500$, elle pourra avoir sa coloscopie dans sa clinique, en dehors de l'hôpital, dans les jours qui suivent. Elle n'a pas beaucoup d'argent et a refusé.

«C'est dur pour les aînés et dur pour les personnes qui vivent avec un petit revenu», raconte-t-elle.

Déjà, 600 personnes qui se sentent lésées par des frais accessoires de toutes sortes se sont inscrites pour participer à un recours collectif imposant contre le gouvernement, la RAMQ et une cinquantaine de cliniques.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.