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Les magasins craignent Internet

Commerce de détail

Internet transformera d'ici quelques années l'allure des centres-villes. Les magasins de détail seront des endroits où regarder les produits, mais les commandes se feront en ligne.

Les fermetures de plusieurs commerces, tels Jacob, Smart Set, Mexx, Parasuco et récemment Target, annoncent une vraie transformation des artères commerciales, prédit Jacques Nantel, professeur titulaire de HEC Montréal.

«Le commerce en ligne fait mal à beaucoup de joueurs et la tendance la plus prometteuse à l'avenir est une combinaison entre la vente en ligne et un magasin de type ‘‘show'' case pour montrer les modèles et les produits disponibles.»

Le contact froid d'internet permettrait donc aux magasins de garder pignon sur rue, sous la forme de magasins de démonstration. Une tendance qui devrait apparaître aussi tôt que dans les cinq prochaines années, selon le professeur.

En attendant, l'augmentation des ventes sur internet risque de continuer à faire mal aux commerçants, petits comme grands. En 2014, une personne sur deux a réalisé au moins un achat en ligne et plusieurs détaillants ne semblent pas prêts «à suivre le client», rappelle Léopold Turgeon, président du conseil québécois du commerce de détail (CQCD) qui regroupe 45 000 détaillants.

«90 % de nos membres sont des entreprises de moins de 50 employés et au moins 50 % d'entre eux n'ont pas encore de site internet».

Une aberration selon M. Turgeon qui rappelle le coût négligeable d'une présence sur le web.

«Il ne faut pas tarder, car lorsqu'on laisse la compétition s'installer, le futur va être encore plus dur.»Locaux videsMais l'inoccupation des locaux dans la métropole variant de 3 % à 8% selon les artères n'est pas uniquement due au commerce en ligne. «C'est certain que cela affecte les commerçants, mais les propriétaires qui abandonnent leurs locaux, les travaux dans les rues et le stationnement sont aussi d'importantes nuisances», indique André Poulin, président de l'Association des sociétés de développement commercial de Montréal et directeur de Destination centre-ville.

PotLoc.ca : Le bon commerce au bon endroit

Avec PotLoc.ca, c'est internet vient à la rescousse des jeunes entrepreneurs. Le site qui met en relation les besoins des résidents et l'offre commerciale connaît un vrai succès sur le web avec 10 000 abonnés en moins d'un an et demi en plus d'avoir participé à l'ouverture de sept magasins.

«Sur notre site, les gens peuvent voter pour qu'un entrepreneur spécifique s'installe dans leur quartier ou sélectionner un emplacement disponible et définir ce dont ils auraient besoin, une épicerie, un café ou une poissonnerie», explique le cofondateur Louis Delaoustre, qui aidera une vingtaine d'autres entrepreneurs dans la prochaine année.Avec 1250 locaux inscrits sur le site, les emplacements ne manquent pas.

«Il y a des opportunités partout pour ouvrir des commerces et c'est aussi ce qu'on veut faire réaliser aux entrepreneurs. Le Plateau, ça marche bien, certes, mais il y a d'autres quartiers comme Rosemont, Outremont ou Verdun qui peuvent être plus intéressants pour eux.»

Pour Gaby Kassas, propriétaire du café Sfouf, s'établir dans Centre-Sud était une évidence. «Ça fait 14 ans que j'habite le quartier, je voulais moi-même un café et au lieu d'attendre j'ai décidé d'en ouvrir un.»

Malgré que certains de ces proches aient émis quelques réserves sur le quartier, les résultats compilés par Potloc.ca ont confirmé sa volonté.

«On ne développe pas une ville en s'installant où c'est déjà développé, être entrepreneur c'est aussi prendre des risques, faire des paris et PotLoc a confirmé mes ambitions», explique Mme Kassas.

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