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Harper blâmé par l'opposition

Baisse du taux directeur et économie

L'opposition officielle à Ottawa a blâmé le gouvernement conservateur de Stephen Harper à la suite de la baisse du taux directeur de la Banque du Canada, mercredi, pour la morosité économique actuelle au pays.

«Le gouvernement conservateur a mis tous ses œufs dans le panier des ressources naturelles pour la croissance économique, et pour l'économie canadienne. C'est ce même gouvernement qui a décidé de procéder à des réductions du taux d'imposition en espérant voir un investissement des entreprises, ce qui ne s'est pas concrétisé», a expliqué le porte-parole adjoint du NPD en matière de Finances, Guy Caron, à la suite de la décision de la Banque du Canada de réduire à 0,5 % son taux directeur.

Le ministre des Finances, Joe Oliver, a affirmé de son côté que la chute du prix du pétrole, la baisse de la demande de la part des États-Unis, la crise de la dette en Grèce et la volatilité du marché en Chine» sont autant d'éléments qui ont eu une incidence négative sur le Canada durant la première moitié de l'année.

«Le gouverneur (Stephen) Poloz a déclaré que ‘la Banque s'attend à une reprise de la croissance au cours du troisième trimestre et à ce que la croissance recommence à dépasser le potentiel au cours du quatrième trimestre'», a précisé le ministre Oliver.

«Notre gouvernement demeure concentré sur la réduction des impôts, l'équilibre budgétaire et la prestation d'avantages aux Canadiens qui travaillent fort. L'instabilité économique mondiale est le pire contexte dans lequel opter pour des stratagèmes risqués et axés sur de lourds impôts qui freineront la croissance et provoqueront un recul pour les familles», a continué le ministre des Finances.

Le député libéral de Westmount-Ville-Marie, Marc Garneau, a dit que le gouvernement conservateur n'a pas de plan pour réagir à la situation, et que cela, a-t-il souligné, «devrait préoccuper les Canadiens».

«Ce gouvernement a promis deux milliards $ pour le fractionnement du revenu, une politique qui ne bénéficie qu'à 15 % de la population. Ce n'est pas de cette manière que l'on fait les choses équitablement ou qu'on stimule l'économie», a lancé M. Garneau, précisant que l'accent doit, entre autres, être mis sur les dépenses en infrastructures et des mesures pour stimuler l'emploi afin de redresser la situation économie.

Le gouverneur de la Banque du Canada a refusé de prononcer le mot récession lors d'une conférence de presse mercredi à Ottawa, préférant plutôt parler de contraction de l'économie.

«Cette récession au Canada fait la démonstration qu'une économie dépendante de l'exploitation pétrolière et donc du prix du brut, n'est pas durable», a indiqué l'attachée de presse du Bloc québécois, Julie Groleau, dans un communiqué.

Les verts estiment également que le gouvernement conservateur base depuis trop longtemps l'économie canadienne sur le pétrole.

«Ce pétrole a "dopé" notre économie et avec l'augmentation mondiale de l'offre de pétrole, le Canada ne peut plus rester compétitif dans cette situation», a noté Daniel Green, chef adjoint du Parti vert du Canada, appelant Ottawa à relancer l'économie canadienne en utilisant les sources d'énergie renouvelable «qui présentent un des plus gros potentiels de développement dans les années à venir».