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Nouveau site d'entraide: se dépanner entre voisins

Troc

Camille Gaïor

Les nombreux adeptes du troc ont un outil supplémentaire pour faire des affaires, avec ici-nos-quartiers.org, un site d'échanges de biens et services entre voisins qui vient d'être lancé à Montréal.

Créé l'été dernier à Gatineau, mais accessible depuis juillet par les Montréalais, le site compte 150 membres, dont une trentaine dans la métropole.

Janie Beauchamp a obtenu ce piano par le troc (Photo Agence QMI)

Partage d'outils, échange de plantes, emprunt d'objets divers, aide aux travaux ou organisation d'évènements de quartier, le site permet aux gens d'une même communauté de se rendre de petits services.

«L'idée a germé il y a deux ans alors qu'on venait de s'acheter une maison, a expliqué Sophie Tremblay, cofondatrice du site. On passait notre temps à avoir des besoins d'outils sans oser demander à nos nouveaux voisins.»

Bien plus qu'un simple site de troc, le site souhaite favoriser l'entraide et la solidarité. «On veut avant tout renforcer le tissu social de proximité», a souligné Mme Tremblay.

Survivre grâce au troc

«Free Stuff Montreal», «Troc ta bouffe» ou encore «Troquer, c'est gratos» les pages Facebook dédiées au troc se multiplient sans compter les organismes Troc-tes-Trucs et l'Accorderie, qui lutte contre la pauvreté via les échanges de services.

La pratique est devenue un mode de survie pour certains comme Valérie Naulet, mère monoparentale de deux enfants, qui gagne 15 000 $ par an.

«On arrive à vivre comme n'importe qui, a expliqué la femme de 46 ans. On fait attention à nos dépenses et on réutilise le plus possible. Honnêtement, avec un salaire de 100 000 $, je vivrais de la même façon.»

Mais la motivation de l'entraide communautaire n'est pas seulement basée sur les besoins économiques.

«Pour beaucoup, c'est vraiment plus une préoccupation écologique», a indiqué Janie Beauchamp, troqueuse et initiatrice de la page Facebook «Troquer, c'est gratos», qui regroupe plus de 13 000 membres montréalais.

Économie souterraine

Impossible de chiffrer le nombre d'échanges réalisés, mais chose certaine, ces transactions ne sont pas imposées.

Mais si le phénomène poursuit sa croissance, la situation pourrait bien changer croit Jacques Nantel, professeur à HEC Montréal. «Mais ce ne sera pas toute de suite, estime-t-il. Certains états américains ont attendu 20 ans après la création d'Amazon pour fiscaliser les transactions par internet et le Canada est encore en attente. Alors pour le troc, on n'est vraiment pas rendu là.»