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Des inspecteurs et un budget pour lutter contre Uber

Bureau du taxi de Montréal

Anne-Marie Provost | Agence QMI

Le Bureau de taxi de Montréal (BTM) créera deux postes d'inspecteurs «affectés directement au dossier Uber», selon un document de la Ville.

Dans le document, on indique que ces postes seront créés le 31 août prochain et on y fait référence à un budget octroyé pour contrer Uber. Le fait de nommer l'entreprise expose la ville à des poursuites, selon l'opposition.

«Des inspecteurs contre une seule compagnie, c'est du jamais vu. Il n'y a pas d'inspecteur contre le Buonanotte ou contre le restaurant le Roi du hot-dog, il ne peut pas y avoir d'inspecteur contre Uber», a affirmé le conseiller de Projet Montréal Guillaume Lavoie, qui craint que cela n'entraîne des coûts pour les Montréalais.

Du côté du BTM et de Denis Coderre, on se garde toutefois de dire qu'on vise seulement Uber. Le document a été modifié suite à son dévoilement public et parle maintenant de «moyens de transport illégaux», sans nommer d'entreprises.

«Nous allons embaucher des personnes supplémentaires qui viendront prêter main-forte dans la lutte contre le transport illégal en général», a soutenu Marie-Hélène Giguère, porte-parole du BTM.

De son côté, le maire souligne que le Bureau du taxi ne fait que son travail et qu'il applique le règlement.

Coderre pas à l'écoute

En réaction, Uber accuse la ville de ne pas être à l'écoute de sa population.

«Un très récent sondage Léger a démontré que près de 70 % des Montréalais n'appuient pas les actions des autorités municipales, notamment le remorquage des véhicules», a indiqué par courriel Jean-Christophe de Le Rue, porte-parole de Uber Canada.

Des chauffeurs de taxi interrogés jugent toutefois que ces inspecteurs supplémentaires ne sont pas suffisants pour contrer UberX.

«Cela ne change rien, Uber rembourse les chauffeurs qui ont une contravention. Il faut une loi pour que ça change», a affirmé Salim Halabi, un chauffeur de taxi Champlain interrogé par 24 Heures.

Le président de Taxi Hochelaga, Dory Saliba, estime que les autorités devraient plutôt saisir les permis de conduire des chauffeurs d'UberX pris en flagrant délit.

Le 3 août, le BTM avait saisi 249 véhicules UberX.