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Le tireur en fuite s'est suicidé

Journaliste et caméraman tués en direct

Robert Macpherson | Agence France-Presse

Un homme a froidement abattu mercredi en direct deux journalistes d'une chaîne de télévision locale américaine et a filmé la scène pour ensuite la diffuser sur les réseaux sociaux.

Le tueur a succombé en début d'après-midi à une blessure par balle qu'il s'est lui-même infligée.

Ancien collègue des journalistes, il a justifié son geste dans un long manifeste décousu envoyé à la chaîne ABC, disant avoir souffert de discriminations parce qu'il était noir et homosexuel.

Ce drame sans précédent aux États-Unis a non seulement relancé l'éternel débat sur les armes à feu, mais aussi sur le rôle d'internet, qui donne accès à l'horreur, sans aucun filtre.

La reporter Alison Parker, 24 ans, et le caméraman Adam Ward, 27 ans, de la chaîne WDBJ7, ont été abattus alors qu'ils interviewaient une femme en extérieur non loin de Roanoke, en Virginie (est), à environ 385 kilomètres de la capitale Washington.

Sur les images d'abord diffusées en direct par la chaîne, on voit la journaliste crier lorsque des tirs sont entendus. Puis la caméra tombe au sol, les coups de feu retentissant encore.

La caméra filme les jambes du tireur. Un arrêt sur image le montre, pointant l'arme vers le sol. On ne voit pas de sang.
 

Le tireur allégué Vester Lee Flanagan. (CNN)

 

Sur le plateau, la présentatrice de l'émission réagit avec stupeur face aux images.

Pris en chasse par la police toute la matinée, le tireur a finalement été retrouvé blessé par balle dans son véhicule après être sorti de route. Il est mort en début d'après-midi à l'hôpital.

Identifié comme étant Vester Lee Flanagan II, 41 ans, qui travaillait aussi sous le nom de Bryce Williams, il a non seulement commis son meurtre en direct, mais a aussi filmé lui-même la scène dont il a diffusé des vidéos sur ses comptes Twitter et Facebook.

Sur l'une d'elles, on le voit derrière le caméraman brandir un pistolet en visant la journaliste qui, souriante, fait son interview. Le tueur abaisse ensuite brièvement sa caméra ou son téléphone portable vers le sol, avant de tirer huit fois en direction de la reporter qui tente de fuir.

La scène fait immanquablement penser à un jeu vidéo.
 

(page Facebook de WNCT-TV via coed.com)

Sur son compte Twitter @bryce_williams7, le tueur a accusé son ancienne collègue Alison Parker d'avoir «tenu des propos racistes».

La direction de WDBJ7 a rejeté ses accusations et dit l'avoir licencié en 2013 après des accès de violence.

Les deux journalistes sont morts sur les lieux de la fusillade, peu après 06H45 du matin, selon la police. Ils étaient chacun en couple avec d'autres employés de la chaîne locale.

Un présentateur, Chris Hurst, a confié sur Twitter peu après les faits que lui et Alison Parker venaient «d'emménager ensemble» et voulaient se marier. «Je suis anéanti».

Vicki Gardner, la femme interviewée pour ce sujet sur le tourisme local, a été blessée, mais ses jours ne sont pas en danger, selon la police.

Alison Parker et Adam Ward. (Photo Facebook)

Ce drame, qui a eu lieu non loin d'une autre tuerie datant de 2007, quand un homme avait abattu 32 personnes sur le campus de Virginia Tech avant de se suicider, a relancé le débat sur les armes à feu. Il est très facile de se les procurer en Virginie et dans la plupart des États fédérés.

«J'ai le coeur brisé à chaque fois que quelque chose comme cela se produit», a réagi le président Barack Obama sur la chaine WPVI, station locale d'ABC à Philadelphie.

«Ce que nous savons c'est que le nombre de gens qui meurent dans des incidents liés aux armes à feu dans ce pays est largement supérieur à celui des victimes de terrorisme», a-t-il poursuivi.

Sans grand espoir, la Maison-Blanche a une nouvelle fois appelé le Congrès à durcir la législation sur les armes à feu.

(Photo TVA Nouvelles)

Le 14 décembre 2012, Adam Lanza avait tué 20 enfants et six adultes dans l'école Sandy Hook à Newtown, mais le Congrès avait refusé de changer la loi sous la pression du lobby des armes.
La candidate démocrate à la Maison-Blanche Hillary Clinton s'est dite «en colère». «Nous devons agir pour arrêter la violence par armes à feu et nous ne pouvons plus attendre», a-t-elle écrit sur Twitter.

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