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Harper subit les foudres de ses adversaires

Charles-A. Gagnon | Agence QMI

Le chef conservateur Stephen Harper a tenu à rester optimiste mardi matin à la suite de la publication des données de Statistique Canada indiquant que le pays est en légère récession. Le chef libéral Justin Trudeau a de son côté affirmé que l'économie canadienne «est en panne».

Faisant campagne à Burlington, en Ontario, M. Harper s'est abstenu de prononcer le mot «récession» lorsqu'un journaliste lui a demandé d'analyser les chiffres dévoilés par l'agence fédérale faisant état de deux trimestres consécutifs de décroissance du produit intérieur brut (PIB), et s'il croyait que le Canada est en récession.

Le chef conservateur a plutôt préféré se référer à des informations venant du gouverneur de la Banque du Canada.

«Au cours de la dernière année, on observe une croissance dans plus de 80% de l'économie.

Il y a des défis, évidemment, en particulier dans le secteur énergétique et dans certains domaines des marchandises en raison de la chute des prix. Le fait est que plus de 80% de l'économie est en croissance, et l'économie canadienne dans son ensemble est en croissance, selon les données de juin. C'est la réalité de la situation, et c'est une bonne nouvelle», a indiqué Stephen Harper.

Le PIB a reculé de 0,1% lors du deuxième trimestre de 2015, selon Statistique Canada. Lors du trimestre précédent, l'économie s'était contractée de 0,2%.

Le PIB réel par industrie a augmenté de 0,5% en juin, a annoncé l'agence fédérale.
Stephen Harper a aussi signalé que son gouvernement est en avance sur les prévisions budgétaires pour 2015 avec un surplus de cinq milliards $ pour le premier trimestre.

«Pour rester l'île de stabilité qu'est le Canada depuis la fin de la crise économique mondiale, on doit suivre un plan basé sur un budget équilibré, des taxes et des impôts plus bas et des investissements abordables. Si on change de plan, on va avoir une récession permanente comme il y en a dans plusieurs autres pays», a expliqué Stephen Harper.

De passage en Colombie-Britannique, le chef du NPD, Thomas Mulcair, croit plutôt que les données sur l'économie «montrent que le Canada est prêt pour un changement».

«Le plan de M. Harper ne fonctionne pas. Le NPD a un plan clair pour créer de l'emploi, pour stimuler l'économie, pour protéger les emplois existants et pour créer la prochaine génération d'emplois bien rémunérés», a dit M. Mulcair faisant notamment référence à ses engagements de réduire le taux d'imposition des petites et moyennes entreprises, d'augmenter ceux des grandes sociétés et d'offrir des crédits d'impôt à l'innovation dans le secteur manufacturier.

L'ancien ministre des Finances de la Saskatchewan et candidat du NPD dans la circonscription torontoise d'Eglinton-Lawrence, Andrew Thomson, a affirmé de son côté que «les Canadiens doivent composer avec une stagnation des revenus, une hausse de l'endettement, d'innombrables pertes d'emplois et l'érosion de la sécurité de leur retraite à cause de la mauvaise gestion des conservateurs».

En campagne électorale à Gatineau, Justin Trudeau a dit que «l'économie peut sembler bonne au 24, Sussex Drive (résidence officielle du premier ministre), mais elle est coincée au neutre pour des millions de Canadiens depuis longtemps».

«Devant cela, Stephen Harper demande aux Canadiens de maintenir le cap. Il veut nous faire croire que son plan de ne rien faire est la meilleure solution. Je n'achète pas ça, et je ne crois pas que les Canadiens achètent ça. Nous pouvons faire mieux», a lancé Justin Trudeau, qui a promis l'injection de milliards de dollars additionnels à ce qui est prévu par année dans les infrastructures.

«Ça fait trois élections qu'il (Stephen Harper) regarde les Canadiens dans le blanc des yeux et leur dit qu'il ne fera pas de déficit. Que fait-il une fois élu? Déficit, après déficit, après déficit. Il n'arrive pas à équilibrer le budget, parce qu'il ne sait pas comment stimuler la croissance économique», a continué le chef libéral, accusant au passage Thomas Mulcair d'agir comme Stephen Harper.

«Puisqu'il (M. Mulcair) cherche l'équilibre budgétaire immédiatement, il va devoir revenir sur toutes les promesses qu'il a faites aux Canadiens», a avancé M. Trudeau.

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