/news/world

Reporters sans frontières demande à Obama d'interpeller le roi d'Arabie

Droits de l'Homme

Reporters sans frontières (RSF) a demandé au président américain Barack Obama de rappeler au roi Salmane d'Arabie saoudite, qu'il recevra vendredi, ses obligations en matière de respect de la liberté de l'information et des droits de l'Homme.

Le souverain saoudien effectue sa première visite à la Maison-Blanche depuis son accession au trône en janvier.

Dans une lettre ouverte publiée à la veille de l'entretien Obama-Salmane, le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, a appelé le président américain à «accorder une place centrale dans ces discussions au triste bilan en matière de droits de l'Homme de l'Arabie saoudite, notamment en matière de liberté de l'information».

L'Arabie saoudite figure en 164e position sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF en 2015.

«Les autorités saoudiennes sont actuellement responsables de l'emprisonnement de huit journalistes, dont un professionnel et sept journalistes citoyens», a précisé l'organisation.

M. Deloire a rappelé que «le cas le plus criant est sans aucun doute» celui de Raif Badawi, jeune blogueur saoudien détenu depuis 2012 pour avoir créé un forum de discussion en ligne et condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet.

«Puisque le droit pénal du pays est basé sur la charia (loi islamique), tout dépend de l'interprétation des autorités», déplore-t-il en citant d'autres cas de dissidents emprisonnés injustement selon RSF.

Dans une lettre envoyée aux autorités saoudiennes en juillet et écrite en collaboration avec d'autres organisations de défense des droits de l'Homme, RSF soulignait la «crainte que la situation des défenseurs des droits de l'Homme détenus en Arabie saoudite soit contraire à l'ensemble des règles de base sur le traitement des détenus de l'Organisation des Nations unies».

Aucune des organisations signataires de cette lettre n'a reçu de réponse des autorités saoudiennes, regrette encore M. Deloire.

«Nous vous demandons de presser le roi sur ces questions essentielles», demande à M. Obama le secrétaire général de cette organisation de défense de la presse.

«En tant que partenaire stratégique des États-Unis», l'Arabie saoudite doit «prendre vos préoccupations sur les droits de l'Homme au sérieux et commencer à initier des changements», ajoute-t-il.

«L'Arabie saoudite doit libérer immédiatement tous les journalistes en prison et lever toutes les accusations portées contre eux», conclut la lettre.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.