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Un second dénombrement pour comprendre le phénomène

Itinérants à Montréal

Un deuxième dénombrement des personnes itinérantes prend fin ce lundi, après plus de trois semaines d'enquête. Il permettra de dresser un portrait plus exhaustif de l'itinérance saisonnière et s'intéresse aussi aux femmes, aux autochtones et aux jeunes dans la rue.

Après avoir recensé 3016 personnes lors du premier dénombrement le 24 mars dernier, Montréal a commandé une enquête supplémentaire afin de mieux comprendre certains aspects de l'itinérance.

Cette fois, la démarche est plus approfondie et est effectuée par quatre équipes de deux chercheurs de l'Institut Douglas, qui ont sillonné les rues et organismes de Montréal pendant un peu plus de trois semaines. Leur questionnaire de neuf pages à la main, ils se sont intéressés à certains profils d'itinérance et à la mobilité des personnes interrogées.
«Sans se désintéresser des profils plus communs, on veut comprendre les trajectoires de vie des jeunes, des autochtones et des femmes», d'expliquer Cynthia Lewis, une des chercheuses.

Selon elle, l'enquête d'été de l'Institut Douglas vient compléter les résultats du dénombrement du 24 mars dernier, qui s'attardait plutôt à dresser un portrait instantané de la situation de l'itinérance à ce moment. Les résultats de l'enquête actuelle permettront d'évaluer l'ampleur de l'itinérance saisonnière à Montréal.

Itinérance cachée

Lorsque les résultats du premier dénombrement ont été publiés, quelques organismes ont critiqué la méthodologie, arguant que la démarche ignorait l'itinérance cachée.

«C'est un phénomène difficile à capter. Aucune méthodologie n'a réussi à vraiment bien dresser le portrait de l'itinérance cachée, parce que c'est une stratégie de survie», a expliqué Mme Lewis.

Certains éléments du questionnaire s'intéressent toutefois à ces stratégies, comme les cycles d'instabilité, l'utilisation des ressources d'aide et les obstacles au logement.
Faciles d'approche

La plupart des personnes interrogées étaient faciles d'approche et volontaires à participer à l'enquête.

«Il y a des gens qui sont très réalistes sur leur réalité. Ils aiment parler d'eux. Ces études, c'est souvent la seule façon de se faire entendre», d'indiquer Mme Lewis.

Même si les journées étaient longues et exigeantes, elle raconte avoir rencontré des personnes vraiment intéressantes.

«Il y a même des monsieurs qui se permettent de faire de l'humour. Quand je leur demande s'ils ont une dépendance, certains me répondent qu'ils sont accros aux femmes!

Ça fait sourire», raconte-t-elle.

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