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Des bénévoles au service de la forêt

PurNat

Une centaine de bénévoles, la plupart provenant du groupe financier La Capitale, ont nettoyé samedi un dépotoir des années 1950 situé en forêt, non loin du sentier pédestre Mestachibo, à Saint-Ferréol-les-Neiges, près de Québec.

Cette opération de nettoyage, baptisée Le Grand nettoyage La Capitale, était organisée par PurNat, un jeune organisme fondé en 2013 qui se décrit comme «socialement responsable» et qui a pour but de restaurer les forêts et les espaces verts au Québec.

Avec l'aide de la machinerie lourde, une douzaine d'employés de la Ville ont commencé par sortir vendredi des réfrigérateurs et des carcasses d'automobiles qui se trouvaient au fond d'un ravin.

Samedi, c'était au tour d'une centaine de bénévoles de La Capitale et de la Ville de Saint-Ferréol-les-Neiges de ramasser les pneus, les bouteilles et les déchets de toutes sortes qui jonchaient les lieux.

On croyait au départ qu'il n'y avait que 60 tonnes de déchets mais au final, c'est plutôt une centaine de tonnes qui auront été retirées de la forêt. Le travail sera terminé dimanche.

Une fois les déchets retirés de la forêt, on tentera de les recycler au maximum. Le métal prendra ainsi la direction de l'entreprise AIM, qui se spécialise dans la récupération de la ferraille.

Selon le président fondateur de PurNat, Marcel Poiré, il s'agit d'un concept unique au pays.

«Il n'y a aucune organisation spécialisée dans les corvées des forêts», a-t-il indiqué en entrevue avec l'Agence QMI.

Le nettoyage du dépotoir à Saint-Ferréol-les-Neiges n'est pas le premier événement du genre organisé dans la région de Québec.

Deux autres opérations semblables ont eu lieu le 7 novembre 2014 et le 6 juin dernier à la Montagne-des-Roches à Québec, dans l'arrondissement de Charlesbourg, où on a ramassé 25 tonnes de déchets.

«En ce qui concerne la Montagne-des-Roches, c'est un problème récurrent parce que c'est facilement accessible», a déploré M. Poiré, rappelant qu'on y a trouvé des poêles, des laveuses, des sécheuses, des pianos et des matériaux de construction.

Étendre le concept

Ce dernier a de l'ambition. Après avoir rodé le concept au Québec, il entend l'étendre partout au pays en commençant par la Colombie-Britannique, où il a vécu et où il a des contacts dans le monde des affaires.

Car le financement d'une telle opération n'est possible que grâce à la contribution d'entreprises, qui veulent se donner un bilan social et environnemental. La Capitale et Cascades sont ainsi des partenaires privilégiés qui, en échange du financement d'une activité de nettoyage, inscrivent ensuite leur contribution sociétale dans leur bilan financier et leur rapport annuel.

«On va chercher des partenaires qui sont directement impliqués, qui ont un bilan environnemental à aller chercher», a expliqué M. Poiré. Il serait autrement impossible à son organisme d'organiser ces corvées de nettoyage.

«Si on avait payé tout le monde, l'opération aurait coûté au moins 150 000 $», a estimé M. Poiré au sujet du nettoyage à Saint-Ferréol-les-Neiges.

(Crédit photo: Capture d'écran TVA Nouvelles)

L'autre défi est d'identifier les dépotoirs. «On a besoin des citoyens qui se promènent en forêt, qui identifient des dépotoirs», a expliqué M. Poiré. Ainsi, c'est son fils qui a découvert celui qui était situé à Saint-Ferréol-les-Neiges.

Une fois le dépotoir identifié et localisé, PurNat communique avec le propriétaire du terrain et prend un arrangement. On cherche ensuite un partenaire pour financer le nettoyage.

Dans le cas de Saint-Ferréol-les-Neiges, c'est la Ville qui était propriétaire du terrain.

M. Poiré vend les corvées de nettoyage auprès des entreprises comme un événement festif, «un événement heureux», selon ses mots.

«On permet aussi la socialisation et la fraternisation entre employés qui ne sont parfois jamais parlés au bureau», de résumer M. Poiré.

Ce ne sont pas les dépotoirs en forêt qui manquent au Québec pour organiser des événements «festifs». M. Poiré cite une étude réalisée sur la Côte-Nord, ou on a répertorié 500 dépotoirs illégaux. «On a du travail pour les 100 prochaines années!», a-t-il résumé en riant.

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