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Une relation de couple «toxique» selon Isabelle Gaston

Michaël Nguyen | Agence QMI

Avec le recul, Isabelle Gaston estime maintenant avoir été victime de violence conjugale psychologique de la part de Guy Turcotte, a-t-elle témoigné au procès pour meurtre de ce dernier.

«Avant, je pensais que c'était moi la pomme pourrie, aujourd'hui je considère que c'était de la violence conjugale», a expliqué la mère d'Anne-Sophie et d'Olivier ce matin, à sa deuxième journée à la barre des témoins.

Toute la matinée, Mme Gaston a été pressée de questions par Me Guy Poupart de la défense, en contre-interrogatoire.

 

(TVA Nouvelles)

 

Si elle a admis que Turcotte était un «bon père» et qu'il s'occupait bien de leurs enfants, elle a quand même rappelé à la cour que leur vie de couple avait été ponctuée de hauts et de bas.

Mais, avec le recul, elle pense avoir été une bonne mère pour ses enfants, tués par Guy Turcotte de 46 coups de couteau en février 2009.

«J'étais une excellente maman, pas la meilleure conjointe, mais j'ai donné le meilleur de moi-même, a-t-elle dit. La relation était toxique, et si c'était à refaire, j'y mettrais un terme de façon plus claire et plus rapidement.»

Elle a ensuite reconnu qu'elle avait des torts, elle aussi.

«Ça prend deux personnes pour une querelle», a-t-elle ajouté.

Depuis la mort de ses enfants, Mme Gaston a d'ailleurs expliqué avoir suivi un cours à l'université «pour comprendre pourquoi on avait tué (ses) enfants et pourquoi (elle) avait choisi un homme comme ça».

«Oui, il y avait de la violence verbale et psychologique, je ne le tolérerai pas dans une nouvelle relation.»

Un «bon père»

Plus tôt dans son contre-interrogatoire, Mme Gaston s'est fait demander à plusieurs reprises comment agissait l'accusé de 43 ans dans son rôle de père.

«Il participait aux soupers, il donnait des bains, jamais je n'aurais imaginé qu'il aurait commis une négligence», a-t-elle expliqué.

Et quand Me Poupart est revenu à la charge pour savoir si Turcotte avait été un bon père, Mme Gaston a montré des signes d'impatience.

«Pour la quatrième fois, oui», a-t-elle laissé tomber.

À certaines questions de la défense, la femme a même par moment levé les yeux en l'air, semblant montrer une certaine exaspération.

«Si vous essayez de faire mon procès ou celui des parents de (Turcotte), je n'embarquerai pas là-dedans», a-t-elle notamment lâché.

Il a aussi été question de sa relation avec Martin Huot, l'entraîneur de Mme Gaston. Vers la fin de 2008, elle avait pris la décision de quitter l'ex-cardiologue pour former un couple avec M. Huot.

«Si vous voulez entrer dans les détails, je n'ai pas de problème avec ça», a-t-elle lancé sur le ton de la boutade, créant des rires dans l'auditoire autrement silencieux et concentré.

Mais même si elle répond à toutes les questions de l'avocat, Mme Gaston a reconnu qu'elle essayait de passer à une autre étape dans sa vie.

«J'essaie d'oublier cette relation-là (celle avec Guy Turcotte)», a-t-elle dit.

Le contre-interrogatoire de Mme Gaston se poursuit cet après-midi, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Rappelons que Turcotte subit présentement son deuxième procès sous des accusations de meurtre prémédité sur ses deux enfants de trois et cinq ans, retrouvés morts poignardés dans la résidence de Piedmont que louait l'accusé après sa séparation avec Mme Gaston.

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