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La conférence de l'imam controversé n'aura pas lieu

Université Laval

Jean-François Racine

L'Université Laval n'a jamais donné son accord pour la tenue d'une conférence du prédicateur Béchir Ben Hassen le 9 octobre.

«Nous n'avons jamais autorisé une telle activité et l'Université n'accueillera pas cette conférence», a rectifié mercredi le porte-parole Samuel Auger. Malgré l'affiche qui circulait déjà, ce dernier a précisé que l'Université Laval n'avait pas été informée.

L'annonce de cette conférence soulevait la controverse parmi la communauté arabo-musulmane.

Plusieurs dénoncent la présence à Québec de cet imam qui est loin de faire l'unanimité.

«Sincèrement, il n'est pas le bienvenu ici. Il est le champion du double discours. Je suis étonné que l'Université donne son autorisation pour cette conférence», a réagi Mourad Lotfi. Par peur de représailles, d'autres hésitent à parler ouvertement.

Les avis à son sujet sont toutefois très divisés. «L'objectif de la conférence est de dissuader la radicalisation des jeunes musulmans», a rétorqué Souheil Hassine, président de l'Union des Tunisiens de Québec.

Interdit de prêche en Tunisie, le prédicateur Béchir Ben Hassen a été limogé de la mosquée de Msaken. Il continue toutefois de recevoir des invitations ailleurs dans le monde.

Messages différents

L'imam a récemment condamné le «jihadisme» dans ses derniers prêches mais beaucoup d'extraits de discours «enflammés» ou «violents» circulent toujours à son sujet.

Il a été arrêté en 2013 au Maroc à la suite de l'émission d'un mandat d'arrêt international. Il a ensuite purgé une peine de prison pour un dossier de garde d'enfants.

Béchir Ben Hassen doit donner trois conférences à Québec, Montréal et Ottawa sous le thème «Prévenir la radicalisation, une approche islamique crédible.»

Les organisateurs le présentent comme «théologien et lettré imminent».

Afin d'obtenir des informations, Le Journal de Québec a composé le numéro de téléphone inscrit sur l'affiche. À l'autre bout du fil, la personne a refusé de s'identifier. «Je n'aime pas vos questions», a précisé notre interlocuteur.