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Des maires mécontents de la décision de Montréal

Améli Pineda | Agence QMI

Des maires de villes situés en aval de Montréal sont mécontents de la décision de la Ville de déverser huit milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent. Et ils ont peut-être un allié de taille, puisque Environnement Canada dit ne pas pouvoir autoriser ce type de rejet.

Vendredi, après un moratoire de deux jours, le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Pierre Desrochers, a confirmé que cet important déversement était «inévitable».

Le tiers des eaux usées de Montréal se retrouvera dans le fleuve du 18 au 25 octobre, car la Ville doit fermer un des intercepteurs pour procéder au remplacement de la chute à neige Wellington.

«Cette décision est la bonne et demeure la plus acceptable dans les circonstances», a-t-il fait savoir.

L'annonce s'est faite en absence du maire de Montréal, Denis Coderre, qui était en déplacement à Drummondville pour une rencontre de l'Union des municipalités du Québec.

 

Décision «regrettable»

 

Suzanne Nantel, mairesse de Berthierville, est déçue de la décision de Montréal. Elle déplore de ne pas avoir été avertie plus tôt des intentions de la Ville et surtout d'avoir appris l'opération par les médias.

«J'ai appris ça dans les journaux et à la télévision, dit Mme Nantel. Disons que j'aurais aimé être avisée autrement et surtout être consultée pour s'assurer des impacts que peut avoir une telle opération.»

Suzanne Nantel a qualifié de «regrettable» la décision de la Ville. «Je suis étonnée de voir que le ministère de l'Environnement a donné son autorisation, a-t-elle dit. Même si on nous dit qu'il n'y aura pas d'impact, j'ai des craintes et il faudra qu'on surveille ça de près.»

Même son de cloche de la part du maire de Lanoraie, Gérard Jean. «J'ai croisé le maire Coderre et la responsable de l'eau, Chantal Rouleau, cette semaine et jamais ils ne nous ont informés de cette opération, a-t-il dit. Je trouve ça surprenant.»

La Ville de Montréal a assuré que ce déversement n'aura pas d'impact sur la qualité de l'eau potable de ces villes.

M. Desrochers a rappelé que Montréal a obtenu l'autorisation du ministère de l'Environnement et être en attente de celle d'Environnement Canada.

Une décision remise en question par le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque. «Je suis très surpris de voir que Montréal obtient cette autorisation, a-t-il dit. Huit milliards de litres d'eaux contaminés, c'est comme si je demandais au ministère de déverser les eaux usées de Trois-Rivières pendant quatre mois.»

 

Manque de transparence

 

L'opposition officielle est choquée de la décision de l'administration Coderre. «C'est huit milliards litres d'eaux contaminées dans le fleuve, a dit Luc Ferrandez, chef de Projet Montréal. C'est les eaux usées des toilettes de résidents, des hôpitaux et des industries pendant sept jours. On ne peut pas dire que ça n'aura pas d'impact.»

M. Ferrandez n'a pas manqué de souligner l'absence du maire à la conférence. «Où est le maire de Montréal? Si on avait annoncé un troisième match préparatoire de baseball au stade, il serait présent, comment ça se fait qu'il n'est pas là?» a questionné l'élu.

 

Suspension demandée

 

À Québec, le Parti québécois demande au ministre de l'Environnement de suspendre l'autorisation donnée à la Ville de Montréal.

Rappelons que plus tôt cette semaine, le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a qualifié d'«acceptable» l'opération de déversement de Montréal. Il s'était même dit surpris du moratoire demandé par le maire Coderre.

 

Environnement Canada pas d'accord

 

Environnement Canada a toutefois une opinion contraire et dit ne pas pouvoir autoriser le rejet d'eaux usées.

«En vertu du Règlement sur les effluents des systèmes d'assainissement des eaux usées, Environnement Canada ne peut pas autoriser ce type de rejet d'eaux usées, a fait savoir son porte-parole, Mark Johnson. La Loi sur les pêches interdit les rejets non autorisés de substances nocives dans les eaux où vivent des poissons», a-t-il expliqué.

M. Johnson a aussi précisé que le ministère fédéral était en communication avec la Ville de Montréal «en vue de recueillir des renseignements et d'évaluer les répercussions possibles d'un tel rejet».

 

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