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Un mal nécessaire, croient des experts

TVA Nouvelles

Les craintes exprimées au sein de la population au sujet du déversement de 8 milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent ne sont pas justifiées, croient plusieurs experts consultés par TVA Nouvelles.

 

(Capture d'écran TVA Nouvelles)

 

La titulaire de la chaire CRSNG en eau potable à la Polytechnique partage l'avis de plusieurs autres ingénieurs. Les concentrations toxiques que l'on s'attend à avoir aux 26 points de déversement ne sont pas alarmantes.

«Je pense que c'est une controverse qui est peu justifiée», affirme Michèle Prévost, ingénieure et professeure à la Polytechnique.

«On vient de les calculer d'un ordre de grandeur d'à peu près trois fois plus qu'avant. C'est sûr qu'en rive, on va peut-être avoir un petit peu plus de concentration parce que c'est à proximité des rejets. Mais il faut aussi comprendre que, dès qu'il pleut, il y a des déversements pendant les périodes d'orages et de pluie et pendant la fonte printanière», poursuit-elle.

 

Michèle Prévost, professeure à la Polytechnique (Capture d'écran TVA Nouvelles)

 

Michèle Prévost est catégorique: la Ville n'a pas d'autre choix que de déverser les eaux usées dans le fleuve. «En fait, il n'y a pas d'autre option. Il faut comprendre que ce sont des conduites de 2 à 5 mètres de diamètre qui sont enfouies 20 à 40 mètres en profondeur.»

Inquiétudes chez les citoyens

Des citoyens rencontrés sur les berges dans l'arrondissement de Verdun, l'un des sites prévus du déversement, ne sont pas du tout rassurés.

«On est chanceux d'avoir quand même un secteur de la ville de Montréal qui est très propre, qui est très vert. Veux, veux pas, ça n'aura jamais un impact positif de faire ça. Non... C'est sûr que je préférerais que non», insiste une citoyenne.

«J'espère qu'ils vont faire la bonne chose, qu'ils vont vraiment faire les études nécessaires en conséquence pour être certains que ça n'affectera pas les berges», dit cet autre résident.

«Je ne peux pas croire que les politiciens n'ont pas eu le temps de penser à des alternatives», déplore un autre Montréalais de Verdun.

 

(Capture d'écran TVA Nouvelles)

 

Michèle Prévost maintient que les risques sont faibles en raison du puissant débit du fleuve. Elle rappelle que 45 000 déversements d'eaux usées ont lieu chaque année au Québec, dont 522 qui durent plus de 48 heures et qui sont signalés au ministère de l'Environnement.

«Oui, le déversement de Montréal, c'est important, mais il faudrait s'occuper des 521 autres, et il faudrait vraiment lancer les programmes pour refaire nos usines d'épuration et améliorer nos réseaux pour capter ces eaux mélangées à des eaux de pluie», conclut-elle.

-D'après un reportage de Cindy Royer